De la fenêtre du troisième étage du Café Sentiment par laquelle nous filmons un long plan de la circulation de Phnom Penh la nuit, j’aperçois une silhouette au milieu de la grande rue qui m’est familière. La distance m’empêche d’en être sûr mais il me semble bien reconnaître mon amie « folle », qui traverse la rue dans un sens, s’arrête pour scruter les voitures, retraverse, pointe du doigt certains conducteurs, traverse encore et reproduit son manège inlassablement. Je la retrouve quelques minutes plus tard dans la rue, elle me montre sa blessure à la jambe, une marque horrible faite par un pot d’échappement de moto. Cette fois-ci j’enregistre son prénom, facile ça ressemble au nom des bouchées de porc à la vapeur que j’adorais quand j’étais gamin : Siu May.
Découvert un lieu incroyable ce même soir : un centre commercial dans le sud de la ville totalement fantomatique et sinistre, des lieux désertiques où les employés sont bien plus nombreux que les clients, ceux-ci se résumant essentiellement aux clients du bowling et de la salle de sport. Des employés qui restent là immobiles à attendre des clients qui n’arrivent jamais, qui dorment sur les tables ou jouent parfois aux cartes dans une arrière-salle. On pense forcément à Good bye, Dragon Inn, ou à JZK, ça s’appelle le Park Way et j’espère pouvoir y retourner de temps à autre.
Si je peux écrire ce blog c’est uniquement parce que les personnes dont je parle ne le lisent pas, j’en serais très gêné si c’était le cas, je m’en suis rendu compte quand j’ai compris que je n’écrirai rien sur ma rencontre avec Stéphanie, la sœur de Thomas revenue trois jours à Phnom Penh, car je lui ai filé l’adresse du blog ou même que je l’ai filée à Thomas.
Le moment que j’ai préféré dans cette soirée si riche c’est quand en sortant du marché de nuit Seila a proposé de faire un tour en moto et on a alors passé une demi-heure, à sept sur quatre motos, à parcourir lentement les quartiers de la ville, en discutant d’une moto à l’autre et en occupant parfois toute la largeur des rues. Un truc que j’avais déjà vu maintes fois en tant que spectateur et que je trouvais super beau. Ce soir-là j’avais réuni mes amis qui ne partaient pas pour le nouvel an (14, 15 et 16 avril), soit une poignée tant tout le monde part en province retrouver sa famille ou sa maison d’origine.
Bien que je commence à comprendre que Veasna ne me sollicite pas tous les jours uniquement par amitié ou prévenance, je dois avouer que c’est sa sœur que je trouve super, j’ai rarement rencontré une fille « respirant » autant « la joie de vivre ».
Hier et alors que je m’étais promis de travailler toute la journée j’ai passé plus de trois heures dans la rue, assis sur une chaise devant la petite épicerie de rue de la famille de Choy mon voisin, à discuter avec lui puis avec Stéphanie qui nous a rejoints. Coutume très locale que de passer une grande partie de la journée à n’absolument rien faire, parfois à ne rien dire, assis à l’ombre avec toujours comme je l’avais déjà exprimé avant ce doute sur ce qui se passe dans leur tête pendant ces plages de silence, est-ce que ça pense ou est-ce que ça ne pense pas, je devrais poser la question un jour. Choy est l’un de mes nombreux professeurs de cambodgien (tiens personne pour relever mes progrès incroyables qu’on peut admirer dans l’avant-dernière vidéo ? et moi qui étais si fier), il a 19 ans et étudie le droit. Physiquement il me fait penser à mon oncle Tonton Bora, je n’y avais pas pensé avant mais c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles je me sens très proche de lui.
Glandant ainsi dans la rue j’aperçois soudain Ada qui sort d’un immeuble en moto avec une autre fille. La moto passe rapidement devant nous mais au moment où nos regards se croisent je crois bien qu’elle détourne la tête. Quelques dizaines de minutes plus tard elles reviennent et rentrent dans l’immeuble mais cette fois-ci par l’autre côté de la rue, si bien que je me demande si elle ne l’a pas fait exprès pour m’éviter. Peut-être une heure plus tard elles ressortent à nouveau, cette fois-ci à pied et accompagnées d’un enfant, je la cherche du regard et lui fais un signe de la main au moment où elle me regarde. Les trois s’avancent alors vers nous et nous nous saluons enfin, je devine que l’autre fille est sa jeune sœur et j’apprends surtout que l’enfant est le sien, qu’il a deux ans et s’appelle Veasna. Je demande si ce n’est pas plutôt un prénom de fille, elles me répondent étonnées que non et je me dis que je suis idiot : le seul frère décédé de ma mère pendant le régime des khmers rouges s’appelait lui aussi Veasna.
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jeudi 16 avril 2009
mercredi 8 avril 2009
Maria Timophéïevna
Il y a à peu près un mois me promenant dans le grand centre commercial à côté de chez moi pour passer le temps une fille vient me parler, habillée en haillons je ne me fais aucun doute sur sa condition de mendiante, je ne comprends pas trop ce qu’elle me dit, elle sort un cadre avec la photo d’une dame qu’elle insiste pour me donner, évidemment je refuse en sachant bien qu’elle me demandera ensuite de l’argent, puis même cirque avec une sorte de journal plié, je refuse encore et commence à être gêné, moi qui voulais juste m’asseoir comme tout le monde au dernier étage de l’immeuble regarder les jeunes enfermés dans une grande cage qui font du roller sur de la musique techno. Mais son manège devient quelque peu étrange, elle se poste un peu loin de moi et me tend le cadre photo comme pour me dire regarde la fille de la photo te regarde et te dit quelque chose. Je finis par partir et descends à l’étage en dessous à la salle de jeu vidéo. Je regarde quel est le niveau à Tekken ou à Street Fighter ici quand quelqu’un me touche le bras, je me retourne et me rends compte que la fille m’a suivi et essaie de me parler. Ce qui est marrant c’est qu’elle est un peu timide et qu’à chaque fois que je lui parle elle baisse la tête en pouffant. Elle est tout petite et physiquement assez affreuse, mais je ne suis plus trop effrayé tant il est clair qu’elle ne me veut aucun mal et qu’elle est juste un peu étrange. Nous restons donc côté à côté assez longtemps, elle attirant de temps à autre mon attention en me montrant des gens du doigt ou en ressortant sa photo, et c’est surtout les clients et les hôtesses qui commencent à se demander que font cette folle j’imagine connue de tous et ce japonais ensemble (tout le monde pense à première vue au Japon ou à la Corée, je ne me demande plus pourquoi). Je finis par m’éclipser à l’étage encore en dessous pour manger une soupe au porc, me retourne plusieurs fois pour être sûr mais c’est bon cette fois je l’ai semée.
Quelques semaines plus tard attendant dans une rue d’un autre quartier un cambodgien à qui on a donné mon numéro car il veut tenter un master à l’essec je recroise cette fille, toujours en haillons. J’essaie de discuter avec elle mais celle-ci pouffe toujours de timidité et je ne comprends pas bien ce qu’elle me raconte. Le dit cambodgien finit par arriver et je dis au revoir à la fille. Là encore les gens autour (principalement des jeunes de l’école des street kids car on était juste devant) nous regardent bizarrement, signe qu’ils la connaissent aussi très bien.
Il y a quelques jours prenant un verre avec Thomas, Amandine et Stéphanie venus faire un tour au Cambodge avant de retourner au Vietnam où ils travaillent je la retrouve encore, cette fois-ci de nuit et dans la rue des bars à expats. Je me lève et vais lui parler, elle est moins timide mais je ne comprends toujours pas ce qu’elle me dit car elle baisse la tête quand elle me parle. Très vite on est entouré de tous les enfants qui dans cette rue vendent des livres en pleurant aux touristes venus manger des happy pizzas (pizzas au cannabis, j’en avais goûté la veille avec Thomas car on m’en a beaucoup parlé mais pas d’effet je n’ai pas dû en manger assez, sans doute la jurisprudence marie), les filles sont les plus téméraires qui engagent la discussion avec moi et on parle, l’étrange fille, les enfants et moi une dizaine de minutes dans la rue, du reste je suis content de connaître les enfants ça me donnera un motif de satisfaction quand je devrai me rendre dans cette rue dont je ne suis pas ultra fan. C’est l’anniversaire de la fille le lendemain (je n’arrive pas à comprendre son prénom), elle aura 19 ans, pour l’occasion elle m’offre une carte dépliante happy birthday que cette fois-ci j’accepte, sans lui donner d’argent, j’espère qu’elle n’en attendait pas mais je crois que non, elle doit être considérée comme la folle de Phnom Penh car là aussi tous les enfants semblent la connaître, se moquent d’elle en l’affublant d’un surnom que je n’ai pas compris quand je lui ai demandé son prénom, et j’en ai même vu certains s’amuser à la frapper.
Quelques semaines plus tard attendant dans une rue d’un autre quartier un cambodgien à qui on a donné mon numéro car il veut tenter un master à l’essec je recroise cette fille, toujours en haillons. J’essaie de discuter avec elle mais celle-ci pouffe toujours de timidité et je ne comprends pas bien ce qu’elle me raconte. Le dit cambodgien finit par arriver et je dis au revoir à la fille. Là encore les gens autour (principalement des jeunes de l’école des street kids car on était juste devant) nous regardent bizarrement, signe qu’ils la connaissent aussi très bien.
Il y a quelques jours prenant un verre avec Thomas, Amandine et Stéphanie venus faire un tour au Cambodge avant de retourner au Vietnam où ils travaillent je la retrouve encore, cette fois-ci de nuit et dans la rue des bars à expats. Je me lève et vais lui parler, elle est moins timide mais je ne comprends toujours pas ce qu’elle me dit car elle baisse la tête quand elle me parle. Très vite on est entouré de tous les enfants qui dans cette rue vendent des livres en pleurant aux touristes venus manger des happy pizzas (pizzas au cannabis, j’en avais goûté la veille avec Thomas car on m’en a beaucoup parlé mais pas d’effet je n’ai pas dû en manger assez, sans doute la jurisprudence marie), les filles sont les plus téméraires qui engagent la discussion avec moi et on parle, l’étrange fille, les enfants et moi une dizaine de minutes dans la rue, du reste je suis content de connaître les enfants ça me donnera un motif de satisfaction quand je devrai me rendre dans cette rue dont je ne suis pas ultra fan. C’est l’anniversaire de la fille le lendemain (je n’arrive pas à comprendre son prénom), elle aura 19 ans, pour l’occasion elle m’offre une carte dépliante happy birthday que cette fois-ci j’accepte, sans lui donner d’argent, j’espère qu’elle n’en attendait pas mais je crois que non, elle doit être considérée comme la folle de Phnom Penh car là aussi tous les enfants semblent la connaître, se moquent d’elle en l’affublant d’un surnom que je n’ai pas compris quand je lui ai demandé son prénom, et j’en ai même vu certains s’amuser à la frapper.
mardi 31 mars 2009
Where would plants go if they could walk ?
Aujourd’hui moment très marrant, encore un, dans l’université concurrente de celle où j’ai un atelier. C’est Ana, que j’avais rencontré à la M. et qui m’avait estomaqué par son aptitude très inhabituelle pour une cambodgienne à parler à tout le monde, à faire des blagues et à rire fort, qui m’avait convié à ce que j’avais compris être des débats chaque dimanche à midi sur des thèmes à chaque fois différents, et que j’imaginais être d’actualité, économiques ou politiques. Tu parles. Je débarque dans un toast master club (je pense que vous pouvez trouver sur google moi j’ai pas internet), c’est à dire une sorte de club privé où les membres s’entraînent à devenir de bons orateurs en venant chaque semaine s’exprimer devant tout le monde. C’est très procédurier, même pré-minuté sur une feuille distribuée à chacun, il y a d’abord un grand américain, visiblement le président de séance, qui lance le meeting par une blague (le moment s’appelle sur la papier « joke telling » et doit durer 5 minutes), puis une fille cambodgienne prend le relai (tout le monde parle anglais), parle deux minutes et redonne la parole à l’américain qui va alors pendant 30 minutes poser des questions un peu absurdes, genre quelle est la fleur que vous détestez le plus, auriez-vous peur d’un ghost tree, et désigne à chaque fois dans la salle quelqu’un qui doit venir donner une réponse à la question devant tout le monde, en essayant d’être « out of the box ». Les types sont plus ou moins doués, plutôt moins, et peinent à faire de l’humour. On dira qu’ils restent bien dans la boîte mais à leur décharge l’exercice n’est pas facile et en plus ils semblent tous parler mieux anglais que moi.
Après cela trois filles vont se succéder et parler chacune 7 minutes sur un discours de leur composition sur un sujet donné, ici la peur, là the power of story telling. A chaque fin d’intervention un evaluator à chaque fois différent vient à son tour au centre donner son impression de la prestation précédente, en essayant d’être critique mais c’est quelque chose d’assez difficile pour les cambodgiens (pas tant l’esprit critique que de dire du mal de quelqu’un).
Ah oui j’oubliais il y a plein de votes : on vote à bulletin secret pour la personne ayant eu la meilleure réponse dans le premier exercice, puis pour le meilleur discours, puis pour le meilleur évaluateur. Ca plus le fait que chaque intervention soit récompensée d’applaudissements nourris, que chaque passage de parole se fasse par une poignée de mains virile, ou encore que chacun des trois discours baignait dans une certaine culture de la win (se battre pour gravir les échelons du jeu social, avoir un rêve mais travailler pour le réaliser, la famille qui transmet par le récit son expérience pour les générations à venir…) donnait un truc à l’idéologie très anglo-saxonne et a fortiori américaine dont la rencontre avec des cambodgiens habituellement à l’opposé de cette culture était tout à fait fascinante.
A la sortie et après que j’ai pris la parole car l’américain a demandé à tous les « guests » de faire un commentaire sur ce qu’ils ont vu, plusieurs jeunes viennent à ma rencontre me questionner puis m’invitent à manger avec eux dans un Mac Donald’s local. Je retiendrai surtout Thaoo (c’est fou comme les universités sont désertées par les jolies filles), un garçon de 18 ans étudiant l’anglais et les medias, qui m’a dit qu’il pensait que j’avais son âge (alors là je comprends vraiment pas pourquoi même au Cambodge on me dit que je fais jeune alors que j’avais toujours dit en France pour me défendre que c’était dû à mon génotype asiatique), et qu’il aimerait trop assister aux ateliers ou m’aider dans mes films, malheureusement c’est un peu tard pour les ateliers mais j’aimerais bien le revoir il a une tête marrante.
Après cela trois filles vont se succéder et parler chacune 7 minutes sur un discours de leur composition sur un sujet donné, ici la peur, là the power of story telling. A chaque fin d’intervention un evaluator à chaque fois différent vient à son tour au centre donner son impression de la prestation précédente, en essayant d’être critique mais c’est quelque chose d’assez difficile pour les cambodgiens (pas tant l’esprit critique que de dire du mal de quelqu’un).
Ah oui j’oubliais il y a plein de votes : on vote à bulletin secret pour la personne ayant eu la meilleure réponse dans le premier exercice, puis pour le meilleur discours, puis pour le meilleur évaluateur. Ca plus le fait que chaque intervention soit récompensée d’applaudissements nourris, que chaque passage de parole se fasse par une poignée de mains virile, ou encore que chacun des trois discours baignait dans une certaine culture de la win (se battre pour gravir les échelons du jeu social, avoir un rêve mais travailler pour le réaliser, la famille qui transmet par le récit son expérience pour les générations à venir…) donnait un truc à l’idéologie très anglo-saxonne et a fortiori américaine dont la rencontre avec des cambodgiens habituellement à l’opposé de cette culture était tout à fait fascinante.
A la sortie et après que j’ai pris la parole car l’américain a demandé à tous les « guests » de faire un commentaire sur ce qu’ils ont vu, plusieurs jeunes viennent à ma rencontre me questionner puis m’invitent à manger avec eux dans un Mac Donald’s local. Je retiendrai surtout Thaoo (c’est fou comme les universités sont désertées par les jolies filles), un garçon de 18 ans étudiant l’anglais et les medias, qui m’a dit qu’il pensait que j’avais son âge (alors là je comprends vraiment pas pourquoi même au Cambodge on me dit que je fais jeune alors que j’avais toujours dit en France pour me défendre que c’était dû à mon génotype asiatique), et qu’il aimerait trop assister aux ateliers ou m’aider dans mes films, malheureusement c’est un peu tard pour les ateliers mais j’aimerais bien le revoir il a une tête marrante.
vendredi 20 mars 2009
C'est dommage
je voulais faire le récit d'hier qui était peut-être la meilleure soirée depuis mon arrivée, enfin plutôt celle qui m'a rendu le plus heureux, mais je n'ai plus le temps, tout juste puis-je copier/coller le début de ce que j'ai écrit hier en rentrant mais ça ne fait qu'accentuer le teasing:
"C’est que l’excitation commence à laisser la place à l’anxiété. La faute à deux points de divergence culturelle : d’abord le fait que tout le monde vient quand on l’invite, comme si ça se faisait pas de refuser, si bien que contrairement aux fêtes parisiennes où je dirais que le taux de transformation tourne autour d’un tiers là je fais presque du 100%, ensuite le fait qu’un invité est censé arriver les mains vides, c’est-à-dire que c’est l’hôte qui reçoit au sens plein du terme et doit donc faire preuve de générosité pour prouver sa richesse sans doute et que sais-je encore. Et me voilà donc à réfléchir au moyen de nourrir les 60 personnes au moins que je vois d’avance se pointer samedi. Et le niveau de vie a beau être bas ici l’alcool est surtaxé et idem pour les chips et autres cochonneries… Bon la satisfaction est que j’ai obtenu le feu vert pour inviter les élèves les plus difficiles, et qu’ainsi toutes les écoles seront représentées. Mais tout ce monde dans mon petit appart, moi qui n’ai jamais vu à quoi ressemblait une teuf cambodgienne, qui ai entendu plein d’histoires de vols et autres lors de soirées organisées par des expats, et qui dois en plus gérer le fait qu’il y aura de l’alcool et qu’il faut donc que je surveille le comportement des élèves dits difficiles, ça commence à m’angoisser. Ca et le fait de devoir digérer l’échec au Défi Jeunes, qui se sont apparemment justifiés de manière scandaleuse, plus mes élèves français du collège que je n’arrive pas du tout à gérer (à ce titre la comparaison avec des cambodgiens du même âge est tellement), plus mes problèmes de peau qui comme d’habitude surviennent au plus mauvais moment (mais c’est l’histoire de la tartine qui tombe du mauvais côté), je dois dire qu’en rentrant chez moi ce soir et avant d’avaler en moins de dix minutes un sandwich maison au fromage puis un autre avec les saucisses de bœuf que m’a filées Viesna la veille et de me rendre compte que je n’avais plus d’eau minérale, j’avais les jambes coupées et une seule envie : dormir.
Oui sauf que j’avais promis à Daet et Konkir de passer la veille et que je ne l’avais pas fait, que je voulais comprendre l’histoire du raccrochage violent et que c’était le dernier soir où je pouvais essayer de trouver Thirak avant la fête de samedi (vendredi nous tournons avec les lycéens français). Je me suis donc rendu dans le bar où on m’a dit qu’il avait travaillé, tout en sachant que ce n’était plus le cas, et dans lequel on finit par me dire qu’il est maintenant chauffeur de moto, ce que j’ai du mal à croire vu le standing du bar où je me trouve et la condition pour le moins précaire des innombrables chauffeurs de moto à Phnom Penh. Néanmoins on me file son numéro de téléphone que je m’empresse de composer une fois arrivé au bar de Daet et Konkir. Après quelques hésitations (je parle en khmer) il me reconnaît et m’annonce qu’il arrive aussitôt."
et une vidéo ici (celui qui la regarde en accéléré est un salaud).
"C’est que l’excitation commence à laisser la place à l’anxiété. La faute à deux points de divergence culturelle : d’abord le fait que tout le monde vient quand on l’invite, comme si ça se faisait pas de refuser, si bien que contrairement aux fêtes parisiennes où je dirais que le taux de transformation tourne autour d’un tiers là je fais presque du 100%, ensuite le fait qu’un invité est censé arriver les mains vides, c’est-à-dire que c’est l’hôte qui reçoit au sens plein du terme et doit donc faire preuve de générosité pour prouver sa richesse sans doute et que sais-je encore. Et me voilà donc à réfléchir au moyen de nourrir les 60 personnes au moins que je vois d’avance se pointer samedi. Et le niveau de vie a beau être bas ici l’alcool est surtaxé et idem pour les chips et autres cochonneries… Bon la satisfaction est que j’ai obtenu le feu vert pour inviter les élèves les plus difficiles, et qu’ainsi toutes les écoles seront représentées. Mais tout ce monde dans mon petit appart, moi qui n’ai jamais vu à quoi ressemblait une teuf cambodgienne, qui ai entendu plein d’histoires de vols et autres lors de soirées organisées par des expats, et qui dois en plus gérer le fait qu’il y aura de l’alcool et qu’il faut donc que je surveille le comportement des élèves dits difficiles, ça commence à m’angoisser. Ca et le fait de devoir digérer l’échec au Défi Jeunes, qui se sont apparemment justifiés de manière scandaleuse, plus mes élèves français du collège que je n’arrive pas du tout à gérer (à ce titre la comparaison avec des cambodgiens du même âge est tellement), plus mes problèmes de peau qui comme d’habitude surviennent au plus mauvais moment (mais c’est l’histoire de la tartine qui tombe du mauvais côté), je dois dire qu’en rentrant chez moi ce soir et avant d’avaler en moins de dix minutes un sandwich maison au fromage puis un autre avec les saucisses de bœuf que m’a filées Viesna la veille et de me rendre compte que je n’avais plus d’eau minérale, j’avais les jambes coupées et une seule envie : dormir.
Oui sauf que j’avais promis à Daet et Konkir de passer la veille et que je ne l’avais pas fait, que je voulais comprendre l’histoire du raccrochage violent et que c’était le dernier soir où je pouvais essayer de trouver Thirak avant la fête de samedi (vendredi nous tournons avec les lycéens français). Je me suis donc rendu dans le bar où on m’a dit qu’il avait travaillé, tout en sachant que ce n’était plus le cas, et dans lequel on finit par me dire qu’il est maintenant chauffeur de moto, ce que j’ai du mal à croire vu le standing du bar où je me trouve et la condition pour le moins précaire des innombrables chauffeurs de moto à Phnom Penh. Néanmoins on me file son numéro de téléphone que je m’empresse de composer une fois arrivé au bar de Daet et Konkir. Après quelques hésitations (je parle en khmer) il me reconnaît et m’annonce qu’il arrive aussitôt."
et une vidéo ici (celui qui la regarde en accéléré est un salaud).
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jeudi 19 mars 2009
Ainsi que tu me l’as demandé
La dernière fois Daet me propose qu’on se voit (c’est son seul soir de libre de la semaine) et nous convenons d’un rendez-vous dans un bar, sauf que quand je la rejoins elle me prévient qu’elle est avec des amies, pas de problème puisqu’il s’agit de Konkir que je connais bien et – surprise – de Sopheak (qui joue aussi dans le film) que je n’avais pas encore revue, sauf qu’il y a aussi un type, que je reconnais comme étant l’un des deux sales types du bar deux jours avant qui était clairement venus pour Konkir, et avaient même profité de l’absence du patron pour lui filer 10 dollars en échange d’une après-midi de shopping avec elle deux jours après, soit le jour du récit. Et celle-ci de finir par accepter après avoir plusieurs fois protesté, moi assez décontenancé par la situation, et là devant ce bar elle me le présente comme l’un de ses amis. Serrage de mains poli, gêne mutuelle évidente. Gloups.
Samedi après le dernier cours à l’université qui s’est un peu éternisé je croise Ny qui était du cours du matin et qui s’étonne de ma présence. Il me demande si je veux jouer avec eux, moi yes man surtout ici et en ce moment j’acquiesce, et me voilà pour la première fois m’essayant à ce jeu que j’ai souvent observé dans la rue et qui du reste existe en France, ce truc où on forme un cercle et on s’envoie une sorte de balle mais avec des plumes et qui va assez haut si tant est qu’on tape fort dedans. A ma grande surprise je ne suis pas totalement nul, ça ne m’amuse pas tant que ça mais ma satisfaction d’en être est telle que je ne me rends pas compte que la nuit est presque tombée et que nous devons arrêter. Ny, mon bienfaiteur ce soir là, me demande si je veux manger avec eux, de la viande de bœuf, me dit-il en cambodgien. On discute un moment, enfin plus exactement je les écoute car ils ne font plus l’effort de parler anglais, puis les trois seuls qui ne doivent pas rentrer manger avec leurs familles m’emmènent dans un lieu génial où tu fais griller ta viande de bœuf assaisonnée sur une sorte de poêle au gaz au milieu de la table, on s’est goinfré comme des porcs pour moins de trois dollars chacun. Ca ne parlait pas trop à table, ils avaient l’air fatigués par leur semaine, sauf quand j’ai dit les expressions que m’avaient appris Konkir et qui les ont fait s’étouffer de rire tellement ça doit être incongru de voir un étranger parler aussi crument.
Le lendemain je n’ai pas pu aller à la conférence où Ana m’avait invité car j’avais déjà ce truc de prévu depuis longue date et que j’avais quelque peu oublié, un rallye dans la ville toute la journée, une sorte de chasse au trésor par groupes organisée par des français, d’ailleurs il n’y avait que des français. J’étais avec le fils germano-khmer d’une vieille amie de ma mère et ses amis, soit des jeunes de terminale du Lycée Français. La contrainte étant un groupe de cinq, je rencontre Vata et Nippo, deux jeunes khmers parlant le français sans accent, et nous attendons tous qu’Eleonore qui n’a plus de portable se décide à venir, elle dont on sait qu’elle a passé toute la soirée avec Raimondo qui a appris ce même jour qu’il été refusé du MIT, Eleonore qui nous fait presque partir en dernier créant un handicap que du reste nous ne pallierons jamais, Eleonore qui finit par arriver comme une fleur prétextant que son père – haut diplomate qui est persuadé que je lui ai posé un lapin au rendez-vous qu’il avait bien daigné m’accorder cet été alors que c’était de la faute de son assistante, mais c’est une autre histoire – croyait que c’était à 8h30, Eleonore qui arrive avec son sweat jaune sur les épaules et son débardeur blanc, sa petite moue en guise d’excuse, et qui réveillera un goût pour la jeunesse quelque peu éteint depuis mon arrivée – contexte local un peu sensible sur la question oblige. N’y tenant pas évidemment je les ai tous conviés à la fête de samedi, ainsi que leurs amis les jumeaux Antoine et Camille, Raimondo, son frère et Tim. Nippo a eu une réaction d’enfant qui m’a ravit, s’écriant le sourire aux lèvres, alors pourtant que mon affirmation valait évidemment pour tous, « j’peux venir ? j’peux venir ? », Eleonore quant à elle a profité d’un moment où nous étions tous les deux pour me glisser qu’elle était « trop contente » que je fasse une fête, que ça allait changer de leurs bars habituels. Aujourd’hui d’ailleurs je l’ai croisée au CDI de leur Lycée après ma classe et je crois que c’est moi qui étais le plus gêné des deux.
Hier attendant Daet j’ai passé près d’une demi-heure dans ma rue sous le soleil, regardant les gens – eux ne se privant pas de faire de même pour moi – mais sans vraiment parvenir à leur parler (dans mon voisinage pour l’instant il n’y a guère que la famille de la petite épicerie juste en face, les quelques motodops et le monsieur de la famille en bas avec qui nous nous saluons cordialement, en attendant mieux). Daet finit par arriver non pas accompagnée de Konkir (j’ai compris qu’on se verrait difficilement que tous les deux, ça me convient totalement du reste) mais de sa jeune sœur, Rose, que j’avais déjà rencontrée dans le bar avec le sale type. Nous partons à trois sur la moto en quête des meubles dont j’ai besoin pour finir mon emménagement et que Daet a proposé de chercher avec moi. Pendant que nous marchandons une table en métal toute moisie pour faire office de bureau et une table basse pour les invités, Rose va s’acheter du jus de canne qu’on lui sert dans un sac en plastique fermé et qu’elle boit à la paille l’œil malicieux. Daet m’explique que Rose est intéressée pour faire le ménage chez moi ainsi que j’en avais exprimé le besoin, le jeudi idéalement pour elle car c’est son day-off dans le book shop dans lequel elle travaille (elle doit avoir 17 ans). Le jeudi ne m’arrange pas c’est précisément le jour de la semaine où je ne suis pas là de la journée.
Ce soir, m’apprêtant à sortir pour aller d’abord dans le bar où je sais que Thirak a travaillé afin qu’on me renseigne sur où le trouver maintenant, je reçois un coup de fil d’une Viesna qui me dit qu’on s’est rencontré au bar branché où travaille Daet, et qui me demande si je veux venir ce soir à « Gasoline » pour a « jail option » for « poor children ». Je comprends rien, je sais pas où c’est, mais je crois voir qui est cette Viesna (on m’a présenté plein de gens là bas), je dis oui et change de plan. Je me retrouve en fait dans le lieu très chic et en plein air où j’avais déjeuné la semaine précédente avec le directeur de télé qui a fait la même école que moi, qui voulait me proposer un petit job que je vais maintenant m’empresser d’accepter vu mes problèmes de thunes, un lieu avec que des expats - la plupart français - et quelques khmers fortunés. Viesna en fait partie, visiblement, accompagnée de sa sœur artiste (elle, bien qu’ayant fait les beaux arts locaux, organise à présent des exhibitions) et de ses amis. Elle me présente à sa mère, qui me dira à la fin de la soirée être venue pour me rencontrer car sa fille lui avait parlé de moi, qu’elle connaissait mon grand-père et qu’elle voulait savoir si j’allais avoir le petit air supérieur qu’affectent tant de cambodgiens ayant vécu ailleurs. Viesna me présente aussi à d’autres personnes, dont Sataa un designer hyper cool accompagné de son petit copain, et l’organisateur de ce qui se révélera en fait être une « Jewelry Auction », enfin je sais pas l’orthographe mais une vente aux enchère de bijoux dans le cadre d’une opération caritative pour les enfants pauvres d’une ONG, un truc mais absolument à gerber, du début à la fin, je veux pas m’étendre tout juste puis-je citer cette phrase incroyable de l’ambassadrice des Etats-Unis au début de son discours « So much pretty things put together tonight, beautiful jewelry made with real stones, to support beautiful children to make them stop picking up the garbage », non j’ajoute juste qu’ils avaient choisis 6 de leurs enfants pauvres qui étaient sagement alignés derrière les speakerines au début, un peu comme les bijoux étaient en vitrine à côté par ailleurs, puis ce sont eux ensuite qui ont animé les enchères, à coups de « please, to save us, just 5 dollars more, who said 205 dollars ? come on, who wants to be a winner ? noone wants to be a loser, you can be a famous person tonight so who say 205 dollars ? ». Etendu dans l’herbe aux côté de Viesna et de son groupe d’amis (10 personnes avec sa mère et moi), j’aperçois au loin la présence dans ce même bar (après avoir rencontré Stéphanie qui travaille dans la chaine de télé qui a ses bureaux à côtés) de l’australienne dont les lecteurs les plus assidus se rappelleront l’existence. Je lui fais des signes, elle finit par me reconnaître, m’ayant ensuite avoué qu’elle avait d’abord cru à quelqu’un qui surenchérissait sur un bijou. Je la rejoins à sa table où elle est avec sa coloc dont elle m’avait parlé, qui travaille à l’ONU et une collègue de son ONG que j’avais croisée plusieurs fois sans qu’on se soit jamais présenté. J’en profite pour l’inviter à ma crémaillère, nous discutons de tout et de rien, partageons notre étonnement sur la forme de l’enchère, bref rien de spécial et pourtant toujours cet intérêt que j’espère réciproque, mais peut-être n’est-ce là qu’une cordialité toute anglo-saxonne, quoiqu’il en soit j’apprends en prenant son numéro de téléphone qu’elle ne s’appelle pas Joana mais Jar nah, ça alors, c’est comme si je rencontrais une nouvelle personne. Plus tard dans la soirée nous partons avec Viesna et 4 amis à elle à la recherche d’un resto où manger à 21h ce qui est quasi mission impossible au Cambodge et nous échouons dans les stands de rue du marché russe, juste après que Konkir assez étrangement m’appelle pour savoir si je passe ce soir comme convenu dans leur bar, je lui explique que je ne peux pas et ça raccroche alors subitement, je rappelle mais rebelote, j’éclaircirai ça demain car j’irai les voir après avoir trouvé – je l’espère – Thirak. Je goûte pour la première fois à des saucisses de bœuf, Viesna voyant mon appétit me remettra le reste de ces saucisses comme on a l’habitude de faire dans les restos ainsi qu’un calendrier de l’ONG qui organisait la vente aux enchères avec en couverture les photos des enfants très pauvres qui ont pris les photos du calendrier, ça s’appelle smile cambodia et ça a au moins le mérite de me montrer ce qu’il ne faudra absolument jamais faire, ni même approcher, jamais.
Samedi après le dernier cours à l’université qui s’est un peu éternisé je croise Ny qui était du cours du matin et qui s’étonne de ma présence. Il me demande si je veux jouer avec eux, moi yes man surtout ici et en ce moment j’acquiesce, et me voilà pour la première fois m’essayant à ce jeu que j’ai souvent observé dans la rue et qui du reste existe en France, ce truc où on forme un cercle et on s’envoie une sorte de balle mais avec des plumes et qui va assez haut si tant est qu’on tape fort dedans. A ma grande surprise je ne suis pas totalement nul, ça ne m’amuse pas tant que ça mais ma satisfaction d’en être est telle que je ne me rends pas compte que la nuit est presque tombée et que nous devons arrêter. Ny, mon bienfaiteur ce soir là, me demande si je veux manger avec eux, de la viande de bœuf, me dit-il en cambodgien. On discute un moment, enfin plus exactement je les écoute car ils ne font plus l’effort de parler anglais, puis les trois seuls qui ne doivent pas rentrer manger avec leurs familles m’emmènent dans un lieu génial où tu fais griller ta viande de bœuf assaisonnée sur une sorte de poêle au gaz au milieu de la table, on s’est goinfré comme des porcs pour moins de trois dollars chacun. Ca ne parlait pas trop à table, ils avaient l’air fatigués par leur semaine, sauf quand j’ai dit les expressions que m’avaient appris Konkir et qui les ont fait s’étouffer de rire tellement ça doit être incongru de voir un étranger parler aussi crument.
Le lendemain je n’ai pas pu aller à la conférence où Ana m’avait invité car j’avais déjà ce truc de prévu depuis longue date et que j’avais quelque peu oublié, un rallye dans la ville toute la journée, une sorte de chasse au trésor par groupes organisée par des français, d’ailleurs il n’y avait que des français. J’étais avec le fils germano-khmer d’une vieille amie de ma mère et ses amis, soit des jeunes de terminale du Lycée Français. La contrainte étant un groupe de cinq, je rencontre Vata et Nippo, deux jeunes khmers parlant le français sans accent, et nous attendons tous qu’Eleonore qui n’a plus de portable se décide à venir, elle dont on sait qu’elle a passé toute la soirée avec Raimondo qui a appris ce même jour qu’il été refusé du MIT, Eleonore qui nous fait presque partir en dernier créant un handicap que du reste nous ne pallierons jamais, Eleonore qui finit par arriver comme une fleur prétextant que son père – haut diplomate qui est persuadé que je lui ai posé un lapin au rendez-vous qu’il avait bien daigné m’accorder cet été alors que c’était de la faute de son assistante, mais c’est une autre histoire – croyait que c’était à 8h30, Eleonore qui arrive avec son sweat jaune sur les épaules et son débardeur blanc, sa petite moue en guise d’excuse, et qui réveillera un goût pour la jeunesse quelque peu éteint depuis mon arrivée – contexte local un peu sensible sur la question oblige. N’y tenant pas évidemment je les ai tous conviés à la fête de samedi, ainsi que leurs amis les jumeaux Antoine et Camille, Raimondo, son frère et Tim. Nippo a eu une réaction d’enfant qui m’a ravit, s’écriant le sourire aux lèvres, alors pourtant que mon affirmation valait évidemment pour tous, « j’peux venir ? j’peux venir ? », Eleonore quant à elle a profité d’un moment où nous étions tous les deux pour me glisser qu’elle était « trop contente » que je fasse une fête, que ça allait changer de leurs bars habituels. Aujourd’hui d’ailleurs je l’ai croisée au CDI de leur Lycée après ma classe et je crois que c’est moi qui étais le plus gêné des deux.
Hier attendant Daet j’ai passé près d’une demi-heure dans ma rue sous le soleil, regardant les gens – eux ne se privant pas de faire de même pour moi – mais sans vraiment parvenir à leur parler (dans mon voisinage pour l’instant il n’y a guère que la famille de la petite épicerie juste en face, les quelques motodops et le monsieur de la famille en bas avec qui nous nous saluons cordialement, en attendant mieux). Daet finit par arriver non pas accompagnée de Konkir (j’ai compris qu’on se verrait difficilement que tous les deux, ça me convient totalement du reste) mais de sa jeune sœur, Rose, que j’avais déjà rencontrée dans le bar avec le sale type. Nous partons à trois sur la moto en quête des meubles dont j’ai besoin pour finir mon emménagement et que Daet a proposé de chercher avec moi. Pendant que nous marchandons une table en métal toute moisie pour faire office de bureau et une table basse pour les invités, Rose va s’acheter du jus de canne qu’on lui sert dans un sac en plastique fermé et qu’elle boit à la paille l’œil malicieux. Daet m’explique que Rose est intéressée pour faire le ménage chez moi ainsi que j’en avais exprimé le besoin, le jeudi idéalement pour elle car c’est son day-off dans le book shop dans lequel elle travaille (elle doit avoir 17 ans). Le jeudi ne m’arrange pas c’est précisément le jour de la semaine où je ne suis pas là de la journée.
Ce soir, m’apprêtant à sortir pour aller d’abord dans le bar où je sais que Thirak a travaillé afin qu’on me renseigne sur où le trouver maintenant, je reçois un coup de fil d’une Viesna qui me dit qu’on s’est rencontré au bar branché où travaille Daet, et qui me demande si je veux venir ce soir à « Gasoline » pour a « jail option » for « poor children ». Je comprends rien, je sais pas où c’est, mais je crois voir qui est cette Viesna (on m’a présenté plein de gens là bas), je dis oui et change de plan. Je me retrouve en fait dans le lieu très chic et en plein air où j’avais déjeuné la semaine précédente avec le directeur de télé qui a fait la même école que moi, qui voulait me proposer un petit job que je vais maintenant m’empresser d’accepter vu mes problèmes de thunes, un lieu avec que des expats - la plupart français - et quelques khmers fortunés. Viesna en fait partie, visiblement, accompagnée de sa sœur artiste (elle, bien qu’ayant fait les beaux arts locaux, organise à présent des exhibitions) et de ses amis. Elle me présente à sa mère, qui me dira à la fin de la soirée être venue pour me rencontrer car sa fille lui avait parlé de moi, qu’elle connaissait mon grand-père et qu’elle voulait savoir si j’allais avoir le petit air supérieur qu’affectent tant de cambodgiens ayant vécu ailleurs. Viesna me présente aussi à d’autres personnes, dont Sataa un designer hyper cool accompagné de son petit copain, et l’organisateur de ce qui se révélera en fait être une « Jewelry Auction », enfin je sais pas l’orthographe mais une vente aux enchère de bijoux dans le cadre d’une opération caritative pour les enfants pauvres d’une ONG, un truc mais absolument à gerber, du début à la fin, je veux pas m’étendre tout juste puis-je citer cette phrase incroyable de l’ambassadrice des Etats-Unis au début de son discours « So much pretty things put together tonight, beautiful jewelry made with real stones, to support beautiful children to make them stop picking up the garbage », non j’ajoute juste qu’ils avaient choisis 6 de leurs enfants pauvres qui étaient sagement alignés derrière les speakerines au début, un peu comme les bijoux étaient en vitrine à côté par ailleurs, puis ce sont eux ensuite qui ont animé les enchères, à coups de « please, to save us, just 5 dollars more, who said 205 dollars ? come on, who wants to be a winner ? noone wants to be a loser, you can be a famous person tonight so who say 205 dollars ? ». Etendu dans l’herbe aux côté de Viesna et de son groupe d’amis (10 personnes avec sa mère et moi), j’aperçois au loin la présence dans ce même bar (après avoir rencontré Stéphanie qui travaille dans la chaine de télé qui a ses bureaux à côtés) de l’australienne dont les lecteurs les plus assidus se rappelleront l’existence. Je lui fais des signes, elle finit par me reconnaître, m’ayant ensuite avoué qu’elle avait d’abord cru à quelqu’un qui surenchérissait sur un bijou. Je la rejoins à sa table où elle est avec sa coloc dont elle m’avait parlé, qui travaille à l’ONU et une collègue de son ONG que j’avais croisée plusieurs fois sans qu’on se soit jamais présenté. J’en profite pour l’inviter à ma crémaillère, nous discutons de tout et de rien, partageons notre étonnement sur la forme de l’enchère, bref rien de spécial et pourtant toujours cet intérêt que j’espère réciproque, mais peut-être n’est-ce là qu’une cordialité toute anglo-saxonne, quoiqu’il en soit j’apprends en prenant son numéro de téléphone qu’elle ne s’appelle pas Joana mais Jar nah, ça alors, c’est comme si je rencontrais une nouvelle personne. Plus tard dans la soirée nous partons avec Viesna et 4 amis à elle à la recherche d’un resto où manger à 21h ce qui est quasi mission impossible au Cambodge et nous échouons dans les stands de rue du marché russe, juste après que Konkir assez étrangement m’appelle pour savoir si je passe ce soir comme convenu dans leur bar, je lui explique que je ne peux pas et ça raccroche alors subitement, je rappelle mais rebelote, j’éclaircirai ça demain car j’irai les voir après avoir trouvé – je l’espère – Thirak. Je goûte pour la première fois à des saucisses de bœuf, Viesna voyant mon appétit me remettra le reste de ces saucisses comme on a l’habitude de faire dans les restos ainsi qu’un calendrier de l’ONG qui organisait la vente aux enchères avec en couverture les photos des enfants très pauvres qui ont pris les photos du calendrier, ça s’appelle smile cambodia et ça a au moins le mérite de me montrer ce qu’il ne faudra absolument jamais faire, ni même approcher, jamais.
vendredi 13 mars 2009
Rassurez-vous
tout va bien hein - j'ai reçu plusieurs messages qui s'enquéraient de ma détresse morale,
mais je maudis l'internet cambodgien, j'ai passé l'après-midi chez ma grand-mère de substitution afin d'utiliser internet, d'envoyer tous les mails importants que j'avais à envoyer ainsi que des photos à ma famille, de charger les nouvelles vidéo sur le site (j'en ai plein à mettre depuis le temps), et c'est tellement lent, mais tellement lent, qu'il a fallu m'y prendre à deux fois puis attendre deux heures pour charger une ridicule vidéo d'un minute dix... ça donne presque envie de pleurer (et je n'ai d'ordinaire pas l'épanchement lacrymal facile).
et pour gâter le tout je suis retombé dans mon travers de surfer pendant des heures, pour rien, ce qui me rend d'autant plus heureux de ne pas avoir internet chez moi (et par conséquent d'avoir repris - et ardemment - la lecture des démons) et ce qui a aussi une vertu sentimentale, car ça me rappelle mon année de maths sup où tous les soirs pour ne pas avoir à bosser je matais la télé, n'importe quoi, et que ma mère se levait carrément de son lit pour éteindre de force le poste, ce que je lui avais expressément demandé si elle venait à me trouver dans un tel état à une telle heure, mais ce qui ne m'empêchait pas de lui crier dessus quand elle le faisait, lui disant qu'elle n'avait pas le droit etc. Heureuse époque, un peu floue maintenant, comme tant d'autres. En tout cas ces heures perdues aujourd'hui ne le sont pas totalement: j'ai ainsi pu m'informer de la séparation de julien doré et de louise bourgoin ce qui n'a pas manqué de me rendre tristoune, les considérant comme notre équivalent national du couple pitt/jolie - le couple le plus cool de France quoi.
et voyant l'heure avancer, mon retard croître, j'ai décidé de coucher là, comme à la bonne époque, ce qui va me permettre S de t'écrire le mail promis, ce que dans le cas contraire tu ne m'aurais pas pardonné je crois (et tu aurais eu raison).
et miracle de l'édit rétroactif voici trois nouvelles vidéos là là là, dites-moi celle que vous préférez.
et pour donner des news, en deux mots, on peut dire que le précédent message a joué un rôle moteur, oui, à vrai dire c'est un peu ridicule, mais c'est l'utilisation du regard de l'autre comme moteur de l'action, la peur de la honte, oui je l'avais bien dit que c'est ridicule. un exemple: je répète depuis un an que je pars faire des films au cambodge. bon ben au bout d'un moment je suis obligé d'y aller. ben là pareil, le fait de mettre un mot, solitude, évidemment disproportionné par rapport à ce que je vis ici, évidemment trop solennel, m'a fait me bouger le cul et réagir.
j'ai donc passé pas mal de coups de fil à des gens que je devais voir, proches de ma tante, la grande actrice, proprio, un khmer rencontré à une conférence ciné, le directeur de télé, je suis sorti tous les soirs et résultat j'ai rencontré moults gens. du milieu culturel surtout, cambodgiens ou expats, grâce à deux bars branchés art (et branchés tout court) où les proprio m'ont pris sous leur aile et me font rencontrer plein de gens. au début je trouvais ça sympa (et eux sont vraiment sympas) et puis au bout d'un moment ça m'a un peu dégoûté cette mondanité surjouée, ces gens qui me présentent comme un film maker alors qu'ils n'ont jamais vu mon travail, je vais encore donner l'impression de jamais être content mais le sentiment que j'ai eu c'est vraiment celui d'une auto-suffisance, un plaisir par trop onaniste de se sentir du côté de l'art, des gens de l'art, un autre entre-soi à peine moins dégoutant que celui du milieu des expats disons plus diplomatico-financiers. et dis-donc j'espère que y'a que les proches qui me lisent hein. donc voilà, je vais pas non plus trop cracher dans la soupe car j'y ai fait de chouettes rencontres, notamment ce cambodgien de 45 ans, ancien khmer rouge à 10 ans (!), parti ensuite faire ses études aux USA et qui a créé il y a plusieurs années au Cambodge un truc vraiment cool et très connu, le cambodian li-ving ar-t (tout attaché bien sûr), regardez sur google, en gros l'idée c'est de faire survivre la culture traditionnelle khmère en la mélangeant aux arts et à la culture de la nouvelle génération. le type en question est arrivé comme un paysan, si bien que mes amies serveuses ne voulaient pas croire que c'était avec lui que j'avais rdv tant il jurait avec le reste de la population. et le type est connu dans tout le cambodge. super content de me voir, notamment parce qu'il dit avoir trouvé l'inspiration, entre autre, devant les films de mon grand-père à l'époque, on a promis de se revoir à son retour d'amérique dans un mois.
non le truc plus marrant et après j'arrête car je dois écrire mon fameux mail, c'est que dans un des deux bars il y a donc deux serveuses avec qui je suis pote (l'une a joué dans expired) et avec qui on avait déjeuné dans mon quartier la veille. dans ce bar il n'y a pas beaucoup de monde si bien que je passe mon temps au bar à apprendre auprès d'elles des nouveaux mots cambodgiens (apparté: hier dans une des ONG le prof qui traduit habituellement n'était pas là, donc j'ai animé une séance pratique sur le montage intégralement en cambodgien, je vous laisse imaginer ma fierté), donc je disais que oui j'étais tout le temps au bar avec daet et konkir, et la proprio trop sympa et qui m'avait déjà présenté 10 personnes dans la soirée arrête pas de venir me voir pour me convaincre de les rejoindre à leur table, et moi je dis ok i come mais bien sûr je veux rester au bar, et les filles l'ont bien compris qui jouent le chantage affectif en me priant de rester si tel est mon souhait et de ne pas sacrifier à la bienséance sociale, alors même qu'il s'agit de leur employeur, je vous laisse là encore imaginer ma gêne (aujourd'hui je mise tout sur votre talent à l'imagination). fin de l'histoire: je suis resté au bar et maintenant je sais dire papier, eau, mourir, attendre, long, tous les jours, toutes les nuits, je t'aime.
mais je maudis l'internet cambodgien, j'ai passé l'après-midi chez ma grand-mère de substitution afin d'utiliser internet, d'envoyer tous les mails importants que j'avais à envoyer ainsi que des photos à ma famille, de charger les nouvelles vidéo sur le site (j'en ai plein à mettre depuis le temps), et c'est tellement lent, mais tellement lent, qu'il a fallu m'y prendre à deux fois puis attendre deux heures pour charger une ridicule vidéo d'un minute dix... ça donne presque envie de pleurer (et je n'ai d'ordinaire pas l'épanchement lacrymal facile).
et pour gâter le tout je suis retombé dans mon travers de surfer pendant des heures, pour rien, ce qui me rend d'autant plus heureux de ne pas avoir internet chez moi (et par conséquent d'avoir repris - et ardemment - la lecture des démons) et ce qui a aussi une vertu sentimentale, car ça me rappelle mon année de maths sup où tous les soirs pour ne pas avoir à bosser je matais la télé, n'importe quoi, et que ma mère se levait carrément de son lit pour éteindre de force le poste, ce que je lui avais expressément demandé si elle venait à me trouver dans un tel état à une telle heure, mais ce qui ne m'empêchait pas de lui crier dessus quand elle le faisait, lui disant qu'elle n'avait pas le droit etc. Heureuse époque, un peu floue maintenant, comme tant d'autres. En tout cas ces heures perdues aujourd'hui ne le sont pas totalement: j'ai ainsi pu m'informer de la séparation de julien doré et de louise bourgoin ce qui n'a pas manqué de me rendre tristoune, les considérant comme notre équivalent national du couple pitt/jolie - le couple le plus cool de France quoi.
et voyant l'heure avancer, mon retard croître, j'ai décidé de coucher là, comme à la bonne époque, ce qui va me permettre S de t'écrire le mail promis, ce que dans le cas contraire tu ne m'aurais pas pardonné je crois (et tu aurais eu raison).
et miracle de l'édit rétroactif voici trois nouvelles vidéos là là là, dites-moi celle que vous préférez.
et pour donner des news, en deux mots, on peut dire que le précédent message a joué un rôle moteur, oui, à vrai dire c'est un peu ridicule, mais c'est l'utilisation du regard de l'autre comme moteur de l'action, la peur de la honte, oui je l'avais bien dit que c'est ridicule. un exemple: je répète depuis un an que je pars faire des films au cambodge. bon ben au bout d'un moment je suis obligé d'y aller. ben là pareil, le fait de mettre un mot, solitude, évidemment disproportionné par rapport à ce que je vis ici, évidemment trop solennel, m'a fait me bouger le cul et réagir.
j'ai donc passé pas mal de coups de fil à des gens que je devais voir, proches de ma tante, la grande actrice, proprio, un khmer rencontré à une conférence ciné, le directeur de télé, je suis sorti tous les soirs et résultat j'ai rencontré moults gens. du milieu culturel surtout, cambodgiens ou expats, grâce à deux bars branchés art (et branchés tout court) où les proprio m'ont pris sous leur aile et me font rencontrer plein de gens. au début je trouvais ça sympa (et eux sont vraiment sympas) et puis au bout d'un moment ça m'a un peu dégoûté cette mondanité surjouée, ces gens qui me présentent comme un film maker alors qu'ils n'ont jamais vu mon travail, je vais encore donner l'impression de jamais être content mais le sentiment que j'ai eu c'est vraiment celui d'une auto-suffisance, un plaisir par trop onaniste de se sentir du côté de l'art, des gens de l'art, un autre entre-soi à peine moins dégoutant que celui du milieu des expats disons plus diplomatico-financiers. et dis-donc j'espère que y'a que les proches qui me lisent hein. donc voilà, je vais pas non plus trop cracher dans la soupe car j'y ai fait de chouettes rencontres, notamment ce cambodgien de 45 ans, ancien khmer rouge à 10 ans (!), parti ensuite faire ses études aux USA et qui a créé il y a plusieurs années au Cambodge un truc vraiment cool et très connu, le cambodian li-ving ar-t (tout attaché bien sûr), regardez sur google, en gros l'idée c'est de faire survivre la culture traditionnelle khmère en la mélangeant aux arts et à la culture de la nouvelle génération. le type en question est arrivé comme un paysan, si bien que mes amies serveuses ne voulaient pas croire que c'était avec lui que j'avais rdv tant il jurait avec le reste de la population. et le type est connu dans tout le cambodge. super content de me voir, notamment parce qu'il dit avoir trouvé l'inspiration, entre autre, devant les films de mon grand-père à l'époque, on a promis de se revoir à son retour d'amérique dans un mois.
non le truc plus marrant et après j'arrête car je dois écrire mon fameux mail, c'est que dans un des deux bars il y a donc deux serveuses avec qui je suis pote (l'une a joué dans expired) et avec qui on avait déjeuné dans mon quartier la veille. dans ce bar il n'y a pas beaucoup de monde si bien que je passe mon temps au bar à apprendre auprès d'elles des nouveaux mots cambodgiens (apparté: hier dans une des ONG le prof qui traduit habituellement n'était pas là, donc j'ai animé une séance pratique sur le montage intégralement en cambodgien, je vous laisse imaginer ma fierté), donc je disais que oui j'étais tout le temps au bar avec daet et konkir, et la proprio trop sympa et qui m'avait déjà présenté 10 personnes dans la soirée arrête pas de venir me voir pour me convaincre de les rejoindre à leur table, et moi je dis ok i come mais bien sûr je veux rester au bar, et les filles l'ont bien compris qui jouent le chantage affectif en me priant de rester si tel est mon souhait et de ne pas sacrifier à la bienséance sociale, alors même qu'il s'agit de leur employeur, je vous laisse là encore imaginer ma gêne (aujourd'hui je mise tout sur votre talent à l'imagination). fin de l'histoire: je suis resté au bar et maintenant je sais dire papier, eau, mourir, attendre, long, tous les jours, toutes les nuits, je t'aime.
dimanche 1 février 2009
Sreil Pèt, Boun Taï, Boun Seng, Li Khea, Li Chi et Lei Choun
Dès que je me penche sur comment télécharger les photos de mon appareil sur mon ordi je posterai les quelques photos prises des enfants des familles invitées aujourd'hui dans la maison où j'habite. De la famille et des amis du 1er fils et de sa femme, venus (pour les hommes) jouer aux cartes de 10h à 16h (et de l'argent accessoirement, à raison de 10 dollars le jeton) ou (pour les femmes) regarder leurs hommes jouer en parlant de leurs t-shirts zara. Ce sont les servantes qui s'occupent des gamins, et donc moi, à moins que ça ne soit eux qui s'occupent de moi car j'ai trouvé en eux les meilleurs professeurs de cambodgiens possibles: ils parlent tous mieux que moi anglais étant donné qu'ils fréquentent les meilleures écoles internationales du pays, alors qu'ils ont entre 4 et 8 ans...
Armé du manuel franco-khmer que m'a vendu un enfant dans la rue pour 0,5 dollar, je teste sur eux ma prononciation et eux choisissent de m'apprendre des phrases telles que "je veux m'acheter des sous-vêtements". Je me demande s'ils se foutent pas un peu de moi, ce qui serait un comble car généalogiquement, étant donné que la femme qui m'héberge est la nièce de mon père, eux sont mes petits neveux. Mais je crois qu'ils m'aiment bien, Boun Taï m'ayant proposé de venir chez lui, et puis je crois aussi que sa petite soeur de 2 ans Sreil Pet est un peu amoureuse de moi (celle qui a un oeil plus fermé que l'autre).
Tout ça pour dire que j'ai eu in extremis le temps de faire ce que je voulais aujourd'hui, à savoir finir la première version du montage du spot pour l'ONG (c'est d'ailleurs Boun Taï et Li Khea qui m'ont traduit ce que disait la mère de famille!) et ce soir préparer mon premier cours, sur le plan et la scène. Extraits de films (épluché plein de films, souvent plus compliqués à utiliser que ce qu'on croit): dans l'ordre Un temps pour vivre un temps pour mourir (première scène), A history of violence (dernière scène), Spiderman 2 (scène de la pizza au début), Catch me if you can (scènes entourant celle du tango) et Vertigo (première scène). Et ce faisant je me rends compte que, comme d'habitude, je n'ai pas mesuré la charge de travail avant de foncer tête baissée: j'ai 5 classes dans 4 écoles différentes et dans 3 langages différents (puisque que dans l'ONG d'art je suis censé parler à moitié en cambodgien, j'expliquerai pourquoi un autre jour). Moi qui voulais faire plein d'autres choses en même temps pendant ces 6 premiers mois, je commence à me poser quelques questions... On verra bien après quelques semaines.
Bon et puis j'ai plein d'autres choses à raconter, mes 2 journées et demi de tourisme avec Charly et Aglaé qui font le tour de l'Asie en 6 mois, ma rencontre par hasard avec Delphine C. de l'Essec, venue passer 2 jours à Phnom Penh durant ces vacances en Asie, le musée du génocide et la question des photos de voyage, ma première rencontre avec mes élèves cambodgiens, Gossip Girl, la nouvelle adresse de Daet... mais j'ai du mal à voir quand j'aurai le temps, à vous de me dire l'épisode que vous préféreriez lire. Bonne nuit (ma tante de France arrive demain à Phnom Penh, pour 4 semaines).
Armé du manuel franco-khmer que m'a vendu un enfant dans la rue pour 0,5 dollar, je teste sur eux ma prononciation et eux choisissent de m'apprendre des phrases telles que "je veux m'acheter des sous-vêtements". Je me demande s'ils se foutent pas un peu de moi, ce qui serait un comble car généalogiquement, étant donné que la femme qui m'héberge est la nièce de mon père, eux sont mes petits neveux. Mais je crois qu'ils m'aiment bien, Boun Taï m'ayant proposé de venir chez lui, et puis je crois aussi que sa petite soeur de 2 ans Sreil Pet est un peu amoureuse de moi (celle qui a un oeil plus fermé que l'autre).
Tout ça pour dire que j'ai eu in extremis le temps de faire ce que je voulais aujourd'hui, à savoir finir la première version du montage du spot pour l'ONG (c'est d'ailleurs Boun Taï et Li Khea qui m'ont traduit ce que disait la mère de famille!) et ce soir préparer mon premier cours, sur le plan et la scène. Extraits de films (épluché plein de films, souvent plus compliqués à utiliser que ce qu'on croit): dans l'ordre Un temps pour vivre un temps pour mourir (première scène), A history of violence (dernière scène), Spiderman 2 (scène de la pizza au début), Catch me if you can (scènes entourant celle du tango) et Vertigo (première scène). Et ce faisant je me rends compte que, comme d'habitude, je n'ai pas mesuré la charge de travail avant de foncer tête baissée: j'ai 5 classes dans 4 écoles différentes et dans 3 langages différents (puisque que dans l'ONG d'art je suis censé parler à moitié en cambodgien, j'expliquerai pourquoi un autre jour). Moi qui voulais faire plein d'autres choses en même temps pendant ces 6 premiers mois, je commence à me poser quelques questions... On verra bien après quelques semaines.
Bon et puis j'ai plein d'autres choses à raconter, mes 2 journées et demi de tourisme avec Charly et Aglaé qui font le tour de l'Asie en 6 mois, ma rencontre par hasard avec Delphine C. de l'Essec, venue passer 2 jours à Phnom Penh durant ces vacances en Asie, le musée du génocide et la question des photos de voyage, ma première rencontre avec mes élèves cambodgiens, Gossip Girl, la nouvelle adresse de Daet... mais j'ai du mal à voir quand j'aurai le temps, à vous de me dire l'épisode que vous préféreriez lire. Bonne nuit (ma tante de France arrive demain à Phnom Penh, pour 4 semaines).
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