De la fenêtre du troisième étage du Café Sentiment par laquelle nous filmons un long plan de la circulation de Phnom Penh la nuit, j’aperçois une silhouette au milieu de la grande rue qui m’est familière. La distance m’empêche d’en être sûr mais il me semble bien reconnaître mon amie « folle », qui traverse la rue dans un sens, s’arrête pour scruter les voitures, retraverse, pointe du doigt certains conducteurs, traverse encore et reproduit son manège inlassablement. Je la retrouve quelques minutes plus tard dans la rue, elle me montre sa blessure à la jambe, une marque horrible faite par un pot d’échappement de moto. Cette fois-ci j’enregistre son prénom, facile ça ressemble au nom des bouchées de porc à la vapeur que j’adorais quand j’étais gamin : Siu May.
Découvert un lieu incroyable ce même soir : un centre commercial dans le sud de la ville totalement fantomatique et sinistre, des lieux désertiques où les employés sont bien plus nombreux que les clients, ceux-ci se résumant essentiellement aux clients du bowling et de la salle de sport. Des employés qui restent là immobiles à attendre des clients qui n’arrivent jamais, qui dorment sur les tables ou jouent parfois aux cartes dans une arrière-salle. On pense forcément à Good bye, Dragon Inn, ou à JZK, ça s’appelle le Park Way et j’espère pouvoir y retourner de temps à autre.
Si je peux écrire ce blog c’est uniquement parce que les personnes dont je parle ne le lisent pas, j’en serais très gêné si c’était le cas, je m’en suis rendu compte quand j’ai compris que je n’écrirai rien sur ma rencontre avec Stéphanie, la sœur de Thomas revenue trois jours à Phnom Penh, car je lui ai filé l’adresse du blog ou même que je l’ai filée à Thomas.
Le moment que j’ai préféré dans cette soirée si riche c’est quand en sortant du marché de nuit Seila a proposé de faire un tour en moto et on a alors passé une demi-heure, à sept sur quatre motos, à parcourir lentement les quartiers de la ville, en discutant d’une moto à l’autre et en occupant parfois toute la largeur des rues. Un truc que j’avais déjà vu maintes fois en tant que spectateur et que je trouvais super beau. Ce soir-là j’avais réuni mes amis qui ne partaient pas pour le nouvel an (14, 15 et 16 avril), soit une poignée tant tout le monde part en province retrouver sa famille ou sa maison d’origine.
Bien que je commence à comprendre que Veasna ne me sollicite pas tous les jours uniquement par amitié ou prévenance, je dois avouer que c’est sa sœur que je trouve super, j’ai rarement rencontré une fille « respirant » autant « la joie de vivre ».
Hier et alors que je m’étais promis de travailler toute la journée j’ai passé plus de trois heures dans la rue, assis sur une chaise devant la petite épicerie de rue de la famille de Choy mon voisin, à discuter avec lui puis avec Stéphanie qui nous a rejoints. Coutume très locale que de passer une grande partie de la journée à n’absolument rien faire, parfois à ne rien dire, assis à l’ombre avec toujours comme je l’avais déjà exprimé avant ce doute sur ce qui se passe dans leur tête pendant ces plages de silence, est-ce que ça pense ou est-ce que ça ne pense pas, je devrais poser la question un jour. Choy est l’un de mes nombreux professeurs de cambodgien (tiens personne pour relever mes progrès incroyables qu’on peut admirer dans l’avant-dernière vidéo ? et moi qui étais si fier), il a 19 ans et étudie le droit. Physiquement il me fait penser à mon oncle Tonton Bora, je n’y avais pas pensé avant mais c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles je me sens très proche de lui.
Glandant ainsi dans la rue j’aperçois soudain Ada qui sort d’un immeuble en moto avec une autre fille. La moto passe rapidement devant nous mais au moment où nos regards se croisent je crois bien qu’elle détourne la tête. Quelques dizaines de minutes plus tard elles reviennent et rentrent dans l’immeuble mais cette fois-ci par l’autre côté de la rue, si bien que je me demande si elle ne l’a pas fait exprès pour m’éviter. Peut-être une heure plus tard elles ressortent à nouveau, cette fois-ci à pied et accompagnées d’un enfant, je la cherche du regard et lui fais un signe de la main au moment où elle me regarde. Les trois s’avancent alors vers nous et nous nous saluons enfin, je devine que l’autre fille est sa jeune sœur et j’apprends surtout que l’enfant est le sien, qu’il a deux ans et s’appelle Veasna. Je demande si ce n’est pas plutôt un prénom de fille, elles me répondent étonnées que non et je me dis que je suis idiot : le seul frère décédé de ma mère pendant le régime des khmers rouges s’appelait lui aussi Veasna.
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jeudi 16 avril 2009
dimanche 12 avril 2009
C. needs shopping…
Pour une raison que j’ignore mais que j’attribue partiellement aux photos que tu m’as envoyées hier et à leur concrétude, c’est la première fois que l’ultra précision et la persistance des images me permettent d’en faire un récit.
Je ne me souviens plus trop bien du début, comment nous négocions avec la question du temps qui a passé, je crois que je suis plein de rancœur et sans doute ai-je en embuscade, prêtes à servir à tout moment, quelques phrases cruelles dont je connais à l’avance les effets destructeurs. Il y a ensuite une sorte d’ellipse à moins que ça ne soit un trou de mémoire ou les deux mais nous finissons par passer la nuit ensemble, redécouvrant le parfum de nos corps mais aussi notre complicité d’antan. A un moment, en plein milieu de caresses, je sursaute : il semble que j’étais dans une sorte de demi-sommeil (tiens je n’ai pas pensé alors à évoquer la corde) et que je viens d’arriver à une pleine conscience. Je lui fais part de ce réveil et lui demande si les instants d’avant elle avait deviné que je demi-dormais. Son petit rictus me fait comprendre qu’elle avait bien senti que je n’étais pas là.
La lumière du plafond est allumée. Je lui demande si elle est sortie pendant la nuit, car il me semble bien que quand nous nous sommes endormis elle était éteinte (du reste je pense que je mens ou qu’au mieux je fais preuve d’intuition car je n’en ai aucun souvenir réel), elle me répond que non mais soudain je perçois dans le tremblement de sa voix quelque chose d’étrange, comme une tristesse et une conscience cachées sur lesquelles elle posait le voile d’une insouciance que par ailleurs je reconnaissais totalement. Je pense soudain que nous ne sommes pas seuls, que tout le monde doit savoir que nous avons passé la nuit ici, et j’imagine effrayé son copain ouvrir brutalement la porte et me casser la figure ainsi qu’il m’en avait menacé il y a quelques années.
A une seule reprise je crois j’évoque la réalité des choses, soit la question du qu’est-ce qu’on fait maintenant, quel est notre avenir, mais elle coupe aussitôt court à la discussion, je ne sais plus avec quel argument mais en gros en prétextant qu’il ne faut pas gâcher le moment présent, et en gros je comprends que nous n’avons aucun avenir.
Je regarde son visage. Le remarquant elle me montre fièrement qu’elle a maigri des joues et du reste c’est vrai, et l’espace d’un instant je me dis qu’elle est incroyablement belle, puis continuant à la dévisager et me réhabituant à ces traits autrefois si familiers je me rends compte qu’ils ont vieillis, presque imperceptiblement, surtout sa peau est un peu abimée, un peu rouge, comme des marques d’une surexposition au soleil, ça part du milieu des joues pour atteindre le front. Je lui demande si ce qu’elle avait au lobe de l’oreille droite va mieux (elle n’a jamais rien eu à l’oreille, je ne sais pas d’où me vient l’idée) car je ne vois plus rien (et pour cause) mais elle me répond que si, que ça n’est pas parti et qu’elle en garde toujours la trace.
A un moment je prends conscience qu’elle n’est plus dans la chambre. Je réfléchis mais ça a beau s’être passé il y a quelques secondes je n’arrive plus à me rappeler pourquoi elle est sortie et ce qu’elle m’a dit avant de partir. Soudain j’aperçois la présence en plein milieu du lit d’une sorte de ver de terre marron de quelques centimètres, je me dis vite avant qu’elle ne revienne débarrassons-en nous je ne veux pas qu’elle soit dégoûtée par l’hygiène de mon appartement cambodgien (la scène se passant alors subitement au Cambodge), je le prends à l’aide de deux doigts vite relayés par un mouchoir, je le jette dans la poubelle et voulant me laver les mains je me rends compte qu’il y en a un deuxième dans l’évier, presque sous l’eau, d’une taille encore plus inquiétante et d’une forme encore plus repoussante.
Je ne me souviens plus trop bien du début, comment nous négocions avec la question du temps qui a passé, je crois que je suis plein de rancœur et sans doute ai-je en embuscade, prêtes à servir à tout moment, quelques phrases cruelles dont je connais à l’avance les effets destructeurs. Il y a ensuite une sorte d’ellipse à moins que ça ne soit un trou de mémoire ou les deux mais nous finissons par passer la nuit ensemble, redécouvrant le parfum de nos corps mais aussi notre complicité d’antan. A un moment, en plein milieu de caresses, je sursaute : il semble que j’étais dans une sorte de demi-sommeil (tiens je n’ai pas pensé alors à évoquer la corde) et que je viens d’arriver à une pleine conscience. Je lui fais part de ce réveil et lui demande si les instants d’avant elle avait deviné que je demi-dormais. Son petit rictus me fait comprendre qu’elle avait bien senti que je n’étais pas là.
La lumière du plafond est allumée. Je lui demande si elle est sortie pendant la nuit, car il me semble bien que quand nous nous sommes endormis elle était éteinte (du reste je pense que je mens ou qu’au mieux je fais preuve d’intuition car je n’en ai aucun souvenir réel), elle me répond que non mais soudain je perçois dans le tremblement de sa voix quelque chose d’étrange, comme une tristesse et une conscience cachées sur lesquelles elle posait le voile d’une insouciance que par ailleurs je reconnaissais totalement. Je pense soudain que nous ne sommes pas seuls, que tout le monde doit savoir que nous avons passé la nuit ici, et j’imagine effrayé son copain ouvrir brutalement la porte et me casser la figure ainsi qu’il m’en avait menacé il y a quelques années.
A une seule reprise je crois j’évoque la réalité des choses, soit la question du qu’est-ce qu’on fait maintenant, quel est notre avenir, mais elle coupe aussitôt court à la discussion, je ne sais plus avec quel argument mais en gros en prétextant qu’il ne faut pas gâcher le moment présent, et en gros je comprends que nous n’avons aucun avenir.
Je regarde son visage. Le remarquant elle me montre fièrement qu’elle a maigri des joues et du reste c’est vrai, et l’espace d’un instant je me dis qu’elle est incroyablement belle, puis continuant à la dévisager et me réhabituant à ces traits autrefois si familiers je me rends compte qu’ils ont vieillis, presque imperceptiblement, surtout sa peau est un peu abimée, un peu rouge, comme des marques d’une surexposition au soleil, ça part du milieu des joues pour atteindre le front. Je lui demande si ce qu’elle avait au lobe de l’oreille droite va mieux (elle n’a jamais rien eu à l’oreille, je ne sais pas d’où me vient l’idée) car je ne vois plus rien (et pour cause) mais elle me répond que si, que ça n’est pas parti et qu’elle en garde toujours la trace.
A un moment je prends conscience qu’elle n’est plus dans la chambre. Je réfléchis mais ça a beau s’être passé il y a quelques secondes je n’arrive plus à me rappeler pourquoi elle est sortie et ce qu’elle m’a dit avant de partir. Soudain j’aperçois la présence en plein milieu du lit d’une sorte de ver de terre marron de quelques centimètres, je me dis vite avant qu’elle ne revienne débarrassons-en nous je ne veux pas qu’elle soit dégoûtée par l’hygiène de mon appartement cambodgien (la scène se passant alors subitement au Cambodge), je le prends à l’aide de deux doigts vite relayés par un mouchoir, je le jette dans la poubelle et voulant me laver les mains je me rends compte qu’il y en a un deuxième dans l’évier, presque sous l’eau, d’une taille encore plus inquiétante et d’une forme encore plus repoussante.
dimanche 5 avril 2009
Le dernier plan de la fille de Monaco
En rentrant de ma troisième visite en une semaine chez le docteur – mon oreille que je croyais guérie me fait à nouveau des misères – et après avoir mangé les dernières saucisses que ma tante m’avait achetées en grand nombre et mis dans le congel mais c’était sans compter sur la panne d’électricité d’il y a une semaine, j’ai fait ce que le docteur Poly m’a dit : je me suis mis 3 gouttes dans l’oreille puis ai attendu 10 minutes la tête penchée. Pas grand-chose à faire dans cette position-là à part lire ; c’est ce que j’ai fait en reprenant Les démons dont j’arrive bientôt au terme. Les retrouvailles de Chatov et de sa femme, trois ans après leur séparation, l’accouchement de celle-ci alors qu’on sait ce qui attend Chatov et que le narrateur par plusieurs indices ne laisse aucune place au suspense, c’est peut-être ce que j’ai lu de plus beau dans ce roman, ça plus la musique d’Elliott Smith que j’entends à travers la vitre fermée me laissent encore dans une humeur cotonneuse, entre mélancolie et euphorie, du reste ça va souvent de paire pour moi, être triste me rappelle que je suis vivant. Je me suis rappelé un rêve que j’ai fait il y a quelques jours, à moins que ça ne soit qu’une pensée je ne sais plus, je me suis rappelé aussi ton dernier mail Sabri sur la photo etc., j’ai pensé à mars 2005 je me suis dit ça fait 4 ans je me suis dit aussi mais tu es fou tu connais tous les mécanismes de ces artifices là, ou tous les artifices de ces mécanismes, tu sais que c’est par purs idéalisme et romantisme que tu t’accroches à cette image, que tu persistes à y croire alors que ton cerveau sait qu’il ne s’agit que d’un fantasme de l’esprit, et qu’importe pensais-je alors, laisse-moi avec ce petit picotement au cœur que j’ai appris à aimer pour lui-même, j’ai aussi eu l’idée d’un court film puis je me suis rappelé la scène dans the taste of tea avec le cousin après sa longue marche. C’est marrant me disais-je encore en arrivant vers l’ordinateur ces journées sous le signe de l’affect, car ce matin préparant le cours de ce week-end je regardais des scènes de We own the night, le début sur Blondie, la première scène avec le frère et le père à l’église, la visite de Bobby après l’attentat sur son frère et surtout après quand il tombe à genoux devant Amada, la scène dans l’ambulance entre Bobby et son père, la mort du père, j’ai pleuré plusieurs fois je crois, rien que deux minutes pour pleurer (ça m’était arrivé récemment en regardant Catch me if you can en accéléré), le film déjà vu étant alors peut-être encore plus fort car il ne s’agit plus que du souvenir d’une émotion, la mélancolie d’une tristesse - on avait peut-être trop vite fait de dire que Two lovers était encore mieux car dégraissé de la cosmétique mafieuse, car celle-ci comme chez Coppola permet une précipitation des grands thèmes universels et donc là encore une matière à affects sans égale.
(j’ai acheté Twilight, We own the night, Lady in the water, Material Girsl, Pulp Fiction et surtout l’intégrale Rohmer et l’intégrale Godard pour un total de 21 dollars – je vous rassure c’est des dvds piratés)
(je me sens presque prêt à arrêter de passer trop de temps à l’écriture de ces billets pour me mettre à bosser nuits et jours sur le scénario d’eternal feelings part 3. Serait-ce l’influence de mes élèves qui commencent à écrire le scénario du film collectif ? Ca serait marrant. Deux séquences écrites pour l’instant, ça part sur du film de campus mélangé à une enquête policière avec des blagues salaces, je m’attendais pas trop à ça mais tant mieux voyons demain ce qu’il en feront)
(j’ai acheté Twilight, We own the night, Lady in the water, Material Girsl, Pulp Fiction et surtout l’intégrale Rohmer et l’intégrale Godard pour un total de 21 dollars – je vous rassure c’est des dvds piratés)
(je me sens presque prêt à arrêter de passer trop de temps à l’écriture de ces billets pour me mettre à bosser nuits et jours sur le scénario d’eternal feelings part 3. Serait-ce l’influence de mes élèves qui commencent à écrire le scénario du film collectif ? Ca serait marrant. Deux séquences écrites pour l’instant, ça part sur du film de campus mélangé à une enquête policière avec des blagues salaces, je m’attendais pas trop à ça mais tant mieux voyons demain ce qu’il en feront)
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dimanche 29 mars 2009
Pardonnez-moi M. Gaide, professeur d’anglais en classe prépa à Lyon
"Hi,
The first part of the film workshop, the theorical one, nearly ends. The students have learnt and practiced in the same time and now they know a little about movie langage, editing and shooting. They shot a short story they wrote last week, will edit it this week and the film will be on A. TV in May.
Now we begin to work on the final project of the workshop that is a collective film of nearly 45 minutes with all the classes involved in this project : MS, RU, R. and LD.
Each class will be divided into several groups (but we don’t mix the schools) and each group will write a sequence of the scenario, then will shoot and edit it. The writing of the scenario will go from one group to another, so that each group when it will be its turn will have the possibility of changing the direction of the movie if it wants to. In MS we have 12 students so we’ll make 3 groups.
When all the scenario will be written, we will organize a casting for the whole movie. This is the main point of my message. I obviously don’t know yet what will be the story and who will be the main characters, but I do want to make the casting with students from MS. Several reasons came to my mind when I had this idea : the creativity they show me (for the students of the film class) each week, their natural in front of the camera (better than the other students) and the fact that their schedule is sometimes more flexible than other students because I work directly with the staff of the school. I know that the students are not here to be actors but to learn a job, but I really think that if the schedule allows them to participate in the film that would be a great experience for them.
So the idea would be to organize the casting in MS, opened for all the students from MS for the young characters of the movie (and maybe opened also for other people if we have special ask for). I need to know if you agree with this idea because it will have consequences for the students who will be chosen as actors : we will shoot nearly 14 sequences, that means that we will need them a lot, sometimes in the week-end but maybe sometimes during the week. The schedule will not be easy to organize because I face the contraints of each school and each students… Of course I will be more precise when we will have the scenario and the complete list of characters.
The casting would be between the 27th April and the 2nd May.
The days for the shooting will be spread in May and June.
I am opened to any suggestions and hope that you will like the idea. I really think that it would be great for the film and also for the students of MS.
Best regards,"
ah tiens regardez ce que j'ai trouvé en dérushant là, ça m'a pris 2h45 pour la mettre en ligne (alors que j'ai encore une dizaine de vidéos prêtes à être postées), internet a buggué vers la fin, j'ai cru que j'allais chialer mais non tout va bien ça a marché.
The first part of the film workshop, the theorical one, nearly ends. The students have learnt and practiced in the same time and now they know a little about movie langage, editing and shooting. They shot a short story they wrote last week, will edit it this week and the film will be on A. TV in May.
Now we begin to work on the final project of the workshop that is a collective film of nearly 45 minutes with all the classes involved in this project : MS, RU, R. and LD.
Each class will be divided into several groups (but we don’t mix the schools) and each group will write a sequence of the scenario, then will shoot and edit it. The writing of the scenario will go from one group to another, so that each group when it will be its turn will have the possibility of changing the direction of the movie if it wants to. In MS we have 12 students so we’ll make 3 groups.
When all the scenario will be written, we will organize a casting for the whole movie. This is the main point of my message. I obviously don’t know yet what will be the story and who will be the main characters, but I do want to make the casting with students from MS. Several reasons came to my mind when I had this idea : the creativity they show me (for the students of the film class) each week, their natural in front of the camera (better than the other students) and the fact that their schedule is sometimes more flexible than other students because I work directly with the staff of the school. I know that the students are not here to be actors but to learn a job, but I really think that if the schedule allows them to participate in the film that would be a great experience for them.
So the idea would be to organize the casting in MS, opened for all the students from MS for the young characters of the movie (and maybe opened also for other people if we have special ask for). I need to know if you agree with this idea because it will have consequences for the students who will be chosen as actors : we will shoot nearly 14 sequences, that means that we will need them a lot, sometimes in the week-end but maybe sometimes during the week. The schedule will not be easy to organize because I face the contraints of each school and each students… Of course I will be more precise when we will have the scenario and the complete list of characters.
The casting would be between the 27th April and the 2nd May.
The days for the shooting will be spread in May and June.
I am opened to any suggestions and hope that you will like the idea. I really think that it would be great for the film and also for the students of MS.
Best regards,"
ah tiens regardez ce que j'ai trouvé en dérushant là, ça m'a pris 2h45 pour la mettre en ligne (alors que j'ai encore une dizaine de vidéos prêtes à être postées), internet a buggué vers la fin, j'ai cru que j'allais chialer mais non tout va bien ça a marché.
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vendredi 27 mars 2009
Rain and tears
Mon oreille gauche va exploser. C’était pourtant la droite qui a commencé à me faire mal au réveil il y a trois jours, mais l’autre s’y est mise aussi et elle se fait maintenant un plaisir de bourdonner comme si une abeille était à l’intérieur et me piquait régulièrement. Comme je ne suis pas sûr d’être encore à la sécu française et que je n’ai pas pris le temps de m’assurer sur place (c’est surtout que je n’avais pas prévu le coût et que c’est bonbon et que je n’ai pas un rond), je suis allé voir un médecin local conseillé par ma famille de Phnom Penh. D’après lui c’est juste dû aux boules quies, il ne m’a donc prescrit qu’une crème qui pour l’instant ne fait aucun effet… Je ne dois ma survie qu’aux cachets de paracétamol que je prends toutes les 4h. Du coup sans boules quies je suis condamné à me réveiller tous les matins à 6h vu qu’on entend la rue comme si on y était de mon appartement, et ceci même si je suis au 3ème.
Et c’est dans cet état que j’abordai ce matin la journée que j’appréhendais le plus concernant les ateliers depuis le début, à savoir 3 tournages avec 3 classes différentes en vue de monter le tout la semaine prochaine et de pouvoir participer au concours de films courts organisés par la chaîne TV de mon vieil ami de l’essec, proposition que j’ai tout de suite acceptée d’abord parce que je sais pas dire non, ensuite parce que ça constitue un bon entrainement pour les élèves avant le film collectif final qu’on va commencer à travailler bientôt, enfin parce que les élèves seront trop fiers de se voir à la télé.
Si j’appréhendais cette journée, c’était surtout dû à celle de la semaine d’avant où chaque classe avait dû écrire des mini films par groupes puis choisir celui qu’on tournerait la semaine d’après. Ce jour-là je m’étais confronté à plusieurs choses désagréables à la fois, mes énormes limites de professeur dans tout ce qui concerne l’esprit critique en temps réel et la psychologie pédagogique, l’obstacle de la langue, car il m’était presque impossible de comprendre exactement quels découpages ils avaient en tête (l’exercice était de raconter une histoire en 6 plans muets avec un très gros plan et un panoramique), mon incapacité à gérer des enfants, mes 5 collégiens français me rendant dingue par leur indiscipline (et moi évidemment qui ne sais pas me fâcher). En bref je commençais à douter sur ma capacité à leur faire faire des films corrects et comprenais que malgré tous les cours théoriques sur le plan, les mouvements de caméra ou le montage, il est difficile de penser un film quand on n’en a presque jamais vu de sa vie. De plus le dernier cours avec les collégiens m’avait presque déprimé, dans la mesure où j’avais l’impression que le film qu’ils s’apprêtaient à faire était catastrophique et que je n’avais rien trouvé à dire pour les en empêcher.
Ce matin donc, une montagne à traverser et des oreilles au bord de l’explosion : je n’avais aucune idée de ce qu’allaient donner ces 8 heures de tournage sous le soleil. Et j’avoue que je me suis éclaté, même si là tout de suite j’ai envie de dormir comme rarement. Je ne sais pas ce que donneront les films (pas grand chose sans doute, même si j’espère un ou deux beaux moments dans celui des élèves de la rue) mais les élèves se sont révélés impliqués et créatifs, tous les plannings ont été respectés et à chaque fin de tournage tout le monde avait le sourire. C’est déjà ça.
Heng 12 :38
« Hav u seen doctor ? I’m so worried about u. Will u be able to teach us on this Saturday ? »
Viesna 09 :40
« Morning Davy, how are you today ? How were your ears ? Did doctor say anything about why it hurt ? »
Seila 11 :01
« hi Davy how r u duin ? r ure ears ok ? wish u good health »
Sothoeuth 11 :02
« Hi, Davy ! I heard year 3 students said you have problem with your ears. How is it now ? Wish you better soon. Good luck ! »
Kim Oan 15 :27
« Hi Davy, i didn’t see u at de party yesterday. How i sur ear now ? wish they r fine. Kim oan ! »
Boramey 16 :47
« heard dat u were sick , r u getting better now ? »
Soratha 17:38
"hey DAVY! U GET better now? I heard u got sick with ur ear. Soratha"
"Dear Lecturer:
How have you been? I heard my classmates had said you got sick.
We really want your participation in the final days of our production and joined the party of the production and certificate ceremony.
Your ideas in editing help us a lot and make the film production possible.
Best Regards and Best Wishes
Sokunthea, DMC
Tel: 012 839 26"
Et c’est dans cet état que j’abordai ce matin la journée que j’appréhendais le plus concernant les ateliers depuis le début, à savoir 3 tournages avec 3 classes différentes en vue de monter le tout la semaine prochaine et de pouvoir participer au concours de films courts organisés par la chaîne TV de mon vieil ami de l’essec, proposition que j’ai tout de suite acceptée d’abord parce que je sais pas dire non, ensuite parce que ça constitue un bon entrainement pour les élèves avant le film collectif final qu’on va commencer à travailler bientôt, enfin parce que les élèves seront trop fiers de se voir à la télé.
Si j’appréhendais cette journée, c’était surtout dû à celle de la semaine d’avant où chaque classe avait dû écrire des mini films par groupes puis choisir celui qu’on tournerait la semaine d’après. Ce jour-là je m’étais confronté à plusieurs choses désagréables à la fois, mes énormes limites de professeur dans tout ce qui concerne l’esprit critique en temps réel et la psychologie pédagogique, l’obstacle de la langue, car il m’était presque impossible de comprendre exactement quels découpages ils avaient en tête (l’exercice était de raconter une histoire en 6 plans muets avec un très gros plan et un panoramique), mon incapacité à gérer des enfants, mes 5 collégiens français me rendant dingue par leur indiscipline (et moi évidemment qui ne sais pas me fâcher). En bref je commençais à douter sur ma capacité à leur faire faire des films corrects et comprenais que malgré tous les cours théoriques sur le plan, les mouvements de caméra ou le montage, il est difficile de penser un film quand on n’en a presque jamais vu de sa vie. De plus le dernier cours avec les collégiens m’avait presque déprimé, dans la mesure où j’avais l’impression que le film qu’ils s’apprêtaient à faire était catastrophique et que je n’avais rien trouvé à dire pour les en empêcher.
Ce matin donc, une montagne à traverser et des oreilles au bord de l’explosion : je n’avais aucune idée de ce qu’allaient donner ces 8 heures de tournage sous le soleil. Et j’avoue que je me suis éclaté, même si là tout de suite j’ai envie de dormir comme rarement. Je ne sais pas ce que donneront les films (pas grand chose sans doute, même si j’espère un ou deux beaux moments dans celui des élèves de la rue) mais les élèves se sont révélés impliqués et créatifs, tous les plannings ont été respectés et à chaque fin de tournage tout le monde avait le sourire. C’est déjà ça.
Heng 12 :38
« Hav u seen doctor ? I’m so worried about u. Will u be able to teach us on this Saturday ? »
Viesna 09 :40
« Morning Davy, how are you today ? How were your ears ? Did doctor say anything about why it hurt ? »
Seila 11 :01
« hi Davy how r u duin ? r ure ears ok ? wish u good health »
Sothoeuth 11 :02
« Hi, Davy ! I heard year 3 students said you have problem with your ears. How is it now ? Wish you better soon. Good luck ! »
Kim Oan 15 :27
« Hi Davy, i didn’t see u at de party yesterday. How i sur ear now ? wish they r fine. Kim oan ! »
Boramey 16 :47
« heard dat u were sick , r u getting better now ? »
Soratha 17:38
"hey DAVY! U GET better now? I heard u got sick with ur ear. Soratha"
"Dear Lecturer:
How have you been? I heard my classmates had said you got sick.
We really want your participation in the final days of our production and joined the party of the production and certificate ceremony.
Your ideas in editing help us a lot and make the film production possible.
Best Regards and Best Wishes
Sokunthea, DMC
Tel: 012 839 26"
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vendredi 13 mars 2009
Rassurez-vous
tout va bien hein - j'ai reçu plusieurs messages qui s'enquéraient de ma détresse morale,
mais je maudis l'internet cambodgien, j'ai passé l'après-midi chez ma grand-mère de substitution afin d'utiliser internet, d'envoyer tous les mails importants que j'avais à envoyer ainsi que des photos à ma famille, de charger les nouvelles vidéo sur le site (j'en ai plein à mettre depuis le temps), et c'est tellement lent, mais tellement lent, qu'il a fallu m'y prendre à deux fois puis attendre deux heures pour charger une ridicule vidéo d'un minute dix... ça donne presque envie de pleurer (et je n'ai d'ordinaire pas l'épanchement lacrymal facile).
et pour gâter le tout je suis retombé dans mon travers de surfer pendant des heures, pour rien, ce qui me rend d'autant plus heureux de ne pas avoir internet chez moi (et par conséquent d'avoir repris - et ardemment - la lecture des démons) et ce qui a aussi une vertu sentimentale, car ça me rappelle mon année de maths sup où tous les soirs pour ne pas avoir à bosser je matais la télé, n'importe quoi, et que ma mère se levait carrément de son lit pour éteindre de force le poste, ce que je lui avais expressément demandé si elle venait à me trouver dans un tel état à une telle heure, mais ce qui ne m'empêchait pas de lui crier dessus quand elle le faisait, lui disant qu'elle n'avait pas le droit etc. Heureuse époque, un peu floue maintenant, comme tant d'autres. En tout cas ces heures perdues aujourd'hui ne le sont pas totalement: j'ai ainsi pu m'informer de la séparation de julien doré et de louise bourgoin ce qui n'a pas manqué de me rendre tristoune, les considérant comme notre équivalent national du couple pitt/jolie - le couple le plus cool de France quoi.
et voyant l'heure avancer, mon retard croître, j'ai décidé de coucher là, comme à la bonne époque, ce qui va me permettre S de t'écrire le mail promis, ce que dans le cas contraire tu ne m'aurais pas pardonné je crois (et tu aurais eu raison).
et miracle de l'édit rétroactif voici trois nouvelles vidéos là là là, dites-moi celle que vous préférez.
et pour donner des news, en deux mots, on peut dire que le précédent message a joué un rôle moteur, oui, à vrai dire c'est un peu ridicule, mais c'est l'utilisation du regard de l'autre comme moteur de l'action, la peur de la honte, oui je l'avais bien dit que c'est ridicule. un exemple: je répète depuis un an que je pars faire des films au cambodge. bon ben au bout d'un moment je suis obligé d'y aller. ben là pareil, le fait de mettre un mot, solitude, évidemment disproportionné par rapport à ce que je vis ici, évidemment trop solennel, m'a fait me bouger le cul et réagir.
j'ai donc passé pas mal de coups de fil à des gens que je devais voir, proches de ma tante, la grande actrice, proprio, un khmer rencontré à une conférence ciné, le directeur de télé, je suis sorti tous les soirs et résultat j'ai rencontré moults gens. du milieu culturel surtout, cambodgiens ou expats, grâce à deux bars branchés art (et branchés tout court) où les proprio m'ont pris sous leur aile et me font rencontrer plein de gens. au début je trouvais ça sympa (et eux sont vraiment sympas) et puis au bout d'un moment ça m'a un peu dégoûté cette mondanité surjouée, ces gens qui me présentent comme un film maker alors qu'ils n'ont jamais vu mon travail, je vais encore donner l'impression de jamais être content mais le sentiment que j'ai eu c'est vraiment celui d'une auto-suffisance, un plaisir par trop onaniste de se sentir du côté de l'art, des gens de l'art, un autre entre-soi à peine moins dégoutant que celui du milieu des expats disons plus diplomatico-financiers. et dis-donc j'espère que y'a que les proches qui me lisent hein. donc voilà, je vais pas non plus trop cracher dans la soupe car j'y ai fait de chouettes rencontres, notamment ce cambodgien de 45 ans, ancien khmer rouge à 10 ans (!), parti ensuite faire ses études aux USA et qui a créé il y a plusieurs années au Cambodge un truc vraiment cool et très connu, le cambodian li-ving ar-t (tout attaché bien sûr), regardez sur google, en gros l'idée c'est de faire survivre la culture traditionnelle khmère en la mélangeant aux arts et à la culture de la nouvelle génération. le type en question est arrivé comme un paysan, si bien que mes amies serveuses ne voulaient pas croire que c'était avec lui que j'avais rdv tant il jurait avec le reste de la population. et le type est connu dans tout le cambodge. super content de me voir, notamment parce qu'il dit avoir trouvé l'inspiration, entre autre, devant les films de mon grand-père à l'époque, on a promis de se revoir à son retour d'amérique dans un mois.
non le truc plus marrant et après j'arrête car je dois écrire mon fameux mail, c'est que dans un des deux bars il y a donc deux serveuses avec qui je suis pote (l'une a joué dans expired) et avec qui on avait déjeuné dans mon quartier la veille. dans ce bar il n'y a pas beaucoup de monde si bien que je passe mon temps au bar à apprendre auprès d'elles des nouveaux mots cambodgiens (apparté: hier dans une des ONG le prof qui traduit habituellement n'était pas là, donc j'ai animé une séance pratique sur le montage intégralement en cambodgien, je vous laisse imaginer ma fierté), donc je disais que oui j'étais tout le temps au bar avec daet et konkir, et la proprio trop sympa et qui m'avait déjà présenté 10 personnes dans la soirée arrête pas de venir me voir pour me convaincre de les rejoindre à leur table, et moi je dis ok i come mais bien sûr je veux rester au bar, et les filles l'ont bien compris qui jouent le chantage affectif en me priant de rester si tel est mon souhait et de ne pas sacrifier à la bienséance sociale, alors même qu'il s'agit de leur employeur, je vous laisse là encore imaginer ma gêne (aujourd'hui je mise tout sur votre talent à l'imagination). fin de l'histoire: je suis resté au bar et maintenant je sais dire papier, eau, mourir, attendre, long, tous les jours, toutes les nuits, je t'aime.
mais je maudis l'internet cambodgien, j'ai passé l'après-midi chez ma grand-mère de substitution afin d'utiliser internet, d'envoyer tous les mails importants que j'avais à envoyer ainsi que des photos à ma famille, de charger les nouvelles vidéo sur le site (j'en ai plein à mettre depuis le temps), et c'est tellement lent, mais tellement lent, qu'il a fallu m'y prendre à deux fois puis attendre deux heures pour charger une ridicule vidéo d'un minute dix... ça donne presque envie de pleurer (et je n'ai d'ordinaire pas l'épanchement lacrymal facile).
et pour gâter le tout je suis retombé dans mon travers de surfer pendant des heures, pour rien, ce qui me rend d'autant plus heureux de ne pas avoir internet chez moi (et par conséquent d'avoir repris - et ardemment - la lecture des démons) et ce qui a aussi une vertu sentimentale, car ça me rappelle mon année de maths sup où tous les soirs pour ne pas avoir à bosser je matais la télé, n'importe quoi, et que ma mère se levait carrément de son lit pour éteindre de force le poste, ce que je lui avais expressément demandé si elle venait à me trouver dans un tel état à une telle heure, mais ce qui ne m'empêchait pas de lui crier dessus quand elle le faisait, lui disant qu'elle n'avait pas le droit etc. Heureuse époque, un peu floue maintenant, comme tant d'autres. En tout cas ces heures perdues aujourd'hui ne le sont pas totalement: j'ai ainsi pu m'informer de la séparation de julien doré et de louise bourgoin ce qui n'a pas manqué de me rendre tristoune, les considérant comme notre équivalent national du couple pitt/jolie - le couple le plus cool de France quoi.
et voyant l'heure avancer, mon retard croître, j'ai décidé de coucher là, comme à la bonne époque, ce qui va me permettre S de t'écrire le mail promis, ce que dans le cas contraire tu ne m'aurais pas pardonné je crois (et tu aurais eu raison).
et miracle de l'édit rétroactif voici trois nouvelles vidéos là là là, dites-moi celle que vous préférez.
et pour donner des news, en deux mots, on peut dire que le précédent message a joué un rôle moteur, oui, à vrai dire c'est un peu ridicule, mais c'est l'utilisation du regard de l'autre comme moteur de l'action, la peur de la honte, oui je l'avais bien dit que c'est ridicule. un exemple: je répète depuis un an que je pars faire des films au cambodge. bon ben au bout d'un moment je suis obligé d'y aller. ben là pareil, le fait de mettre un mot, solitude, évidemment disproportionné par rapport à ce que je vis ici, évidemment trop solennel, m'a fait me bouger le cul et réagir.
j'ai donc passé pas mal de coups de fil à des gens que je devais voir, proches de ma tante, la grande actrice, proprio, un khmer rencontré à une conférence ciné, le directeur de télé, je suis sorti tous les soirs et résultat j'ai rencontré moults gens. du milieu culturel surtout, cambodgiens ou expats, grâce à deux bars branchés art (et branchés tout court) où les proprio m'ont pris sous leur aile et me font rencontrer plein de gens. au début je trouvais ça sympa (et eux sont vraiment sympas) et puis au bout d'un moment ça m'a un peu dégoûté cette mondanité surjouée, ces gens qui me présentent comme un film maker alors qu'ils n'ont jamais vu mon travail, je vais encore donner l'impression de jamais être content mais le sentiment que j'ai eu c'est vraiment celui d'une auto-suffisance, un plaisir par trop onaniste de se sentir du côté de l'art, des gens de l'art, un autre entre-soi à peine moins dégoutant que celui du milieu des expats disons plus diplomatico-financiers. et dis-donc j'espère que y'a que les proches qui me lisent hein. donc voilà, je vais pas non plus trop cracher dans la soupe car j'y ai fait de chouettes rencontres, notamment ce cambodgien de 45 ans, ancien khmer rouge à 10 ans (!), parti ensuite faire ses études aux USA et qui a créé il y a plusieurs années au Cambodge un truc vraiment cool et très connu, le cambodian li-ving ar-t (tout attaché bien sûr), regardez sur google, en gros l'idée c'est de faire survivre la culture traditionnelle khmère en la mélangeant aux arts et à la culture de la nouvelle génération. le type en question est arrivé comme un paysan, si bien que mes amies serveuses ne voulaient pas croire que c'était avec lui que j'avais rdv tant il jurait avec le reste de la population. et le type est connu dans tout le cambodge. super content de me voir, notamment parce qu'il dit avoir trouvé l'inspiration, entre autre, devant les films de mon grand-père à l'époque, on a promis de se revoir à son retour d'amérique dans un mois.
non le truc plus marrant et après j'arrête car je dois écrire mon fameux mail, c'est que dans un des deux bars il y a donc deux serveuses avec qui je suis pote (l'une a joué dans expired) et avec qui on avait déjeuné dans mon quartier la veille. dans ce bar il n'y a pas beaucoup de monde si bien que je passe mon temps au bar à apprendre auprès d'elles des nouveaux mots cambodgiens (apparté: hier dans une des ONG le prof qui traduit habituellement n'était pas là, donc j'ai animé une séance pratique sur le montage intégralement en cambodgien, je vous laisse imaginer ma fierté), donc je disais que oui j'étais tout le temps au bar avec daet et konkir, et la proprio trop sympa et qui m'avait déjà présenté 10 personnes dans la soirée arrête pas de venir me voir pour me convaincre de les rejoindre à leur table, et moi je dis ok i come mais bien sûr je veux rester au bar, et les filles l'ont bien compris qui jouent le chantage affectif en me priant de rester si tel est mon souhait et de ne pas sacrifier à la bienséance sociale, alors même qu'il s'agit de leur employeur, je vous laisse là encore imaginer ma gêne (aujourd'hui je mise tout sur votre talent à l'imagination). fin de l'histoire: je suis resté au bar et maintenant je sais dire papier, eau, mourir, attendre, long, tous les jours, toutes les nuits, je t'aime.
jeudi 19 février 2009
Joyeux anniversaire JJ33





désolé de ne pas être des vôtres ce soir, ça m'en coûte. prenez des photos je le vivrai par procuration. je te souhaite d'apprendre la nouvelle de ton premier enfant cette année. moi je me souhaiterais ça en tout cas.
une chanson d'anniversaire quand même, là. (y'a un problème sur deezer en ce moment ou c'est le cambodge ou c'est moi qui suis handicapé (rien contre eux hein, au contraire la plupart je les trouve sympas)).
et surtout une vidéo d'anniversaire ici, ah oui et une autre là.
euh rien à voir, sur yahoo messenger avec mon père il y a deux minutes:
"papa (17h24): Song m'a téléphoné, pour me demander de te prévenir: pas de bouche à bouche avec les filles ou femmes au Cambodge, elles ont toutes l'hépatite C et toujours capotté!!!"
vous aurez remarqué cette distinction fille/femme que je ne suis pas sûr de tout à fait comprendre.
lundi 16 février 2009
Epilogue du début
A l'aube d'un millénaire émergent
Deux cœurs éperdus s'y prélassent caressant
L'espoir immanent d'un futur éternel
Firmament infini, la terre n'est que Ciel
l'image le texte et le son
Session de rattrapage 3: Sreil Pet et les autres
vendredi 13 février 2009
Un point de vue synoptique, pour tout voir d'un seul coup
"Hello,
Non non, 6 whisky cul sec c'est pas un mensonge, d'ailleurs je crois pas en faire sur le blog, et c'est même en deçà de la réalité car après avec les jeunes on a continué et comme je ne bois pas de bière j'ai dû encore en prendre 4 ou 5. Mais c'est précisément pour ça que je ne me rappelle plus du tout de la fin de soirée, blackout, je me réveille le lendemain dans mon lit sans savoir comment j'y ai atterri, me rappelant vaguement dire au fils de la famille (la 30aine) que ok je le suis dans sa soirée d'après puis 30 secondes plus tard me dire que non en fait c'est peut-être pas une bonne idée. En tout cas les autres s'en rappellent pour moi, de cette fin de soirée, puisque le lendemain se sont succédés les "you were so drunk last night!" de la part de ceux de ma famille qui parlent anglais... Mais sans moquerie, un vrai rire disons généreux, car je crois qu'ici ils ont l'habitude de voir les hommes bourrés à chaque soirée.
Au passage et dans la catégorie ethnologie de bas étage, les asiatiques ont ceci de marrant quand ils boivent qu'à l'instar de mon ami florian blanc dont on devine le taux d'alcoolémie à l'état de sa veine frontale qui se gonfle au gré de son débit de boisson, eux deviennent tout rouge, mais vraiment tout rouge. Tu te tournes vers une table de 10 personnes donc et tu vois que 3 des types sont rouges écarlates, et tu comprends qu'ils vont pas tarder à partir (oui ici m'explique la femme du fils (on s'appelle par nos liens familiaux en asie) les hommes ne préviennent pas quand ils partent, tu trinques avec un type et hop en 2 secondes il s'est cassé car il se sentait défaillir, et toi évidemment n'étant pas au fait de ces moeurs somme toute anglo-saxonnes tu restes jusqu'au bout et tu finis pas exploser. Et toi qui me disais la dernière fois qu'il t'arrivait de devenir rouge, ce qui avait soulevé le scepticisme général, je veux bien te croire désormais car j'en ai vu des très bronzés tourner rouge corrida.
J'ai vu un film incroyable hier, que m'avais refilé Sylvain avant que je parte: His girl Friday de Howard Hawks. Le film que j'attendais depuis un moment, notamment pour son personnage de femme forte et pour la relation entre le garçon et la fille; il faut que tu le voies, demande-le à Sylvain (demande lui au passage de te conseiller d'autres films, à moins que tu ne veuilles t'en tenir à ton "un film par mois"). Ma première comédie du remariage, Sylvain toujours me les a toutes passées.
En parlant de ça, rêvé de qui tu sais il y a 2 ou 3 jours, pour la 1ère fois depuis mon arrivée. Toujours le même rêve, à peu près en tout cas, des retrouvailles puis le retour d'un certain train train quotidien, avec les yeux je crois de celui qui en connaît désormais la valeur. Je suis retourné sur le FB de son mec hier je crois, c'est d'un déprimant...
Sinon je suis déjà content de ma journée (il est midi). Ce matin j'ai rendu visite au directeur d'une chaîne de télévision locale, ancien de mon école et donc extrêmement helpful avec moi. Il m'a présenté ses installations et ses équipes, dont les rênes sont presque exclusivement tenues par des franco-khmers comme moi. On va sans doute collaborer ensemble, il met à ma disposition tout le matériel dont j'ai besoin, quand je veux (ce qui est quand même assez hallucinant), je vais aussi organiser des visites des locaux avec mes élèves, les faire assister au tournage d'un émission, etc. Il m'a proposé d'être dans le jury de leur concours de courts-métrages (le concours sfr jeunes talents local donc, où un certain JJG officiait comme président du jury). Euh mais de tout ça tu t'en fous non? C'est surtout la suite qui m'a rendu heureux. J'ai fait ma première marche seul dans les rues de Phnom Penh, pendant près d'une heure. Arpenté les petites rues, à midi en plus il y a plein de famille qui mangent et les portes restent souvent ouvertes. Au départ je me disais que cette marche allait me donner le temps de réfléchir à comment filmer la scène de ce soir avec toutes ses anciennes gloires qui se retrouvent, de pas encore avoir l'impression désagréable de devoir improviser par manque de préparation et de réflexion et de regretter ensuite. Puis je n'ai plus du tout pensé à ces questions de mise en scène et le temps est soudainement devenu gratuit, il n'était enfin plus soumis à la loi de l'efficacité. Première fois donc que le temps n'est pas qu'une succession d'événements ponctuels entre lesquels des plages où se succèdent des trajets trop rapides en moto, tuctuc ou voiture et des moments dans ma maison d'accueil, dans ma chambre ou à manger avec la famille. Des événements ponctuels trop verrouillés pour être totalement plaisants: cours des ateliers, rdv avec tel ou tel professionnel, déjeuner avec un autre, visite d'une famille éloignée. Quelque chose de trop mécanique au bout d'un moment qui me donnait l'impression paradoxale (au sens où ce sont souvent des événements professionnels) d'être toujours un touriste avec ses bagages à l'hôtel et son programme à dérouler tranquillement. Pas encore eu le sentiment de trouver ma place, loin de là, mais au moins cette dilution et cette gratuité du temps m'ont fait un bien fou, m'ont redonné une envie folle de trouver un appart solo au plus vite et de passer beaucoup plus de temps dans les rues plutôt qu'en intérieur.
Ah oui dernière chose et là je suis certain de t'intéresser. Dans la rue tout à l'heure, sur une grande avenue en fait, je croise (plus exactement je rattrappe car nous allons dans la même direction) deux enfants habillés en écoliers, un garçon qui doit avoir 5 ans et une fille qui doit en avoir 7. Une soeur et son petit frère, j'engage la discussion et nous faisons route commune pendant une dizaine de minutes. Je me rends compte que mon cambodgien est encore catastrophique car je ne comprends rien à ce qu'ils me disent, le vacarme de la rue et le faible volume de leurs voix ne m'aidant pas trop. Mais ils comprennent que je suis français et je comprends qu'ils rentrent manger chez eux et que la petite aimerait bien visiter la France un jour. Le garçon est tout content et il tente de me prendre la main, coutume locale ici entre enfants ou entre amis. Et là je m'arrange pour la lui lacher à la première occasion, alors qu'en soi franchement je trouvais ça insignifiant et même plutôt touchant. N'empêche que j'ai suivi la semaine dernière le programme pour la sécurité des enfants et que dans les choses à ne surtout pas faire il y avait ce genre de familiarité, et qu'influencé par ce programme (qui a bien sûr sa légitimité hein, et ses raisons: ne pas habituer les enfants à trop faire confiance aux étrangers etc) je me suis senti gêné, notamment de l'éventuel regard des autres. Je suis curieux d'avoir ton sentiment sur ce micro événement.
J'y vais je dois préparer ce tournage. Je lis ton blog tous les jours, j'aime beaucoup. Et j'attends toujours LMDLF, c'était pas prévu pour mon départ? Tu peux m'envoyer un poème de Baudelaire, je le lirai avec un verre du whisky de philou que je n'ai pas encore ouvert depuis mon arrivée.
Ciao"
Libellés :
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lundi 2 février 2009
Just before Gossip Girl





(too much for my little heart)papa (22h22): raconte nous ta journée
davy (22h22): non!
davy (22h22): too much things to do
davy (22h22): cherché tata ce matin
davy (22h23): elle était en retard à cause d'un pb de baggage
davy (22h23): et le neveu de kagna l'attendait après la douane
davy (22h23): elle a du donner de l'argent
davy (22h23): sont venus la chercher le neveu de kagna, palaa et dara un ami de kagna
davy (22h24): on est allé voir kagna dans son bureau de ministre
davy (22h24): puis on est allé s'installer dans son hotel
davy (22h24): conseillé par dara: tin tin, près du marché central
davy (22h24): 20$ la nuit
davy (22h24): mais le plan de tata pour dormir chez la femme ne marche plus car la chambre n'est plus libre
davy (22h25): donc l'hotel pour 4 semaines c'est trop cher
davy (22h25): il faut qu'elle trouve une solution
davy (22h25): comme elle veut son indépendance la meilleure idée est peut etre que kagna la laisse lui louer son appart pour 200$
davy (22h25): moi après l'aprem j'ai travaillé un montage avec quelqu'un
davy (22h26): puis passé à l'ong imprimer des trucs pour mes cours qui commencent demain 17h (la classe de collégiens à descartes)
davy (22h26): puis rejoins tata
davy (22h26): puis rentré chez moi pour manger
davy (22h26): tata préférant attendre le retour de singap de la niece pour venir manger chez elle
davy (22h26): puis visité un appart habité par des français
davy (22h27): très grand
davy (22h27): 4 chambres, j'en louerais une
davy (22h27): 250$ toutes charges comprises
davy (22h27): près de independance monument
davy (22h27): l'appart est vraiment cool et l'emplacement pas mal
davy (22h27): mais je voulais pas habiter avec des français alors...
davy (22h28): cependant je rencontre tellement de cambodgiens que je peux peut etre me le permettre
davy (22h28): voilà
papa (22h31): maman préfère que tu habites avec les barangs, comme ca , elle ne fera pas de cauchemars!!
davy (22h31): oui peut etre
davy (22h31): mais je me dis que je ferais bien de rester un mois chez la niece, voire un mois et demi
davy (22h31): c'est confortable et ca me permet de prendre mes marques progressivement
papa (22h32): en tout cas, tu verras les khmers dans la journée!
papa (22h33): la nièce a insisté pour que tu restes chez elle!!
davy (22h33): oui bien sur
papa (22h33): je lui ai dit que ca dépend de toi!
papa (22h35): la nièce sera ravie de pouvoir me rendre ce service!!
davy (22h35): oui oui ok
papa (22h35): bonne nuit !
davy (22h36): merci A+ papa
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