samedi 31 janvier 2009

Pour se lever de bonne humeur le matin


- "Ancora tu" de Lucio Battisti en volume max avec la porte de ma chambre ouverte (ils sont presque tous partis à Singapour pour 5 jours) là (ça marche pas en fait, peut-être pouvez-vous tomber dessus par hasard sur la radio intelligente qu'ils vous proposent après)

- une petite danse avec Lei Choun, le fils de trois ans du 1er fils de ma GMDS, le petit prince de la maison, qui se met à danser de manière extraordinaire dès qu'on met les clips de pop chinoise à la télé

- un cool mail:

"Dear Mr. D. C.,

I am a year II student at Department of Media and Communication (DMC).
I saw the note sticked on the information board at DMC about your project. You are providing workshop on Introduction to Movie Making. I am very interested in this project. Unfortunately, the announcement send to only year III or iV and graduated students. I want to know that I am just year two student could attend this workshop or not. Of course at DMC, they provide TV production course when students are in year III. Though I am only year II, I have finished photography course and many other subject related to media aspect. So I am wondering you
could kindly allow me to attend this class. I am a talented person. I can understand thing quickly.
Thank for your time reading my mail and hope you would put my case into your fair consideration.

I am looking forward to hearing from you soon.

Yours sincerely,
Ith Sothoeuth"

Happy Birthday Nicolas Descalles


Bon j'étais censé réaliser et lui monter le film, enfin le spot, mais il faut avouer que le voir avoir plein d'idées et quelque part prendre les choses en main ne m'a pas déplu au départ, parce que ce spot promotionnel pour le gros partenariat avec l'ONG où je crée une classe, à l'occasion de l'anniversaire de cette compagnie aérienne, je le sentais pas super super au réveil, d'autant plus qu'il ne s'agissait là que de mon deuxième jour "d'orientation".
C'est le "may be they can say 'happy birthday SA' in English rather than in Cambodian" qui m'a mis la puce à l'oreille. Arrivé dans cette communauté parquée aux côtés d'immeubles en pleine construction - petit bidonville de familles souvent touchées par le sida m'apprend-on - on m'amène vers une mère de famille en train de fabriquer des produits de la compagnie aérienne, que cette compagnie va sans doute offrir à ses clients en vantant ses actions de charité (enfin tout ça a quand même une conséquence plus que positive - si j'ose m'exprimer ainsi - puisque l'argent récolté par les familles leur permet (c'est le contrat avec l'ONG) de scolariser leurs enfants au lieu de les faire bosser dans la rue). Cette mère est la mère de "the nice face girl", apparemment la petite fille la plus photogénique de l'école, et donc le parfait modèle pour le film... (et effectivement la fille que je filmerai dans l'après-midi sera magnifique)
Je commence à faire quelques plans de la femme au travail, puis je l'interviewe comme demandé, il fait chaud, la lumière est pas mal avec le contre jour de la fenêtre et de la porte, on sent qu'il y a de la vie à l'extérieur. Je montre ce que j'ai pris à mon co-director qui très aimablement me propose de refaire le plan de la mère au travail sans la fenêtre pour ne pas perturber l'attention sur autre chose qu'elle et me demande de refaire l'interview en lui demandant de ne pas baisser les yeux et surtout de sourire.




Club Vidéo du Lycée du Parc

Réunion d'information au Lycée Français RD à l'attention des collégiens (les lycéens c'est la semaine suivante en raison de leur bac blanc).
Ils ne sont que 8 (il y a 2 classes de 6ème puis une de 5ème, de 4ème et de 3ème), l'info ne semblant pas être bien passée en 5ème et en 3ème. Mais ça me convient.
Sept 6èmes, 3 garçons 4 filles. Et un 4ème, le grand frère d'une des 6ème, très intéressé par le cinéma mais refroidit à l'idée d'être avec des "petits". Il me demande s'il peut assister à l'atelier des lycéens, pourquoi pas.
Je commence mon speech de présentation et en son milieu je me rends compte que je parle beaucoup trop vite et dans un langage sans doute trop compliqué, bref que j'oublie que je m'adresse à des personnes de 11 ans. Je me calme donc pour la deuxième moitié mais ça va, ils ont l'air d'avoir compris et surtout de trouver ça intéressant: ils reviendront la semaine prochaine. Chouette, j'ai donc rencontré mes premiers élèves.
Parmi eux une fille un peu plus grande en taille que les autres, au premier rang, qui me dit être la nièce de RP, le seul réalisateur du pays. Ah ah, drôle de coïncidence, enfin pas tant que ça finalement.
Les installations sont parfaites: un vidéoprojecteur, un grand écran blanc, un ordinateur branché au projecteur et un lecteur dvd. Rien à voir avec le néant des deux autres écoles que je visiterai le lendemain.

vendredi 30 janvier 2009

Metamphetamine

Il y a deux jours je suis la Drug Team de l'ONG dans ses activités quotidiennes. Ils partent en moto deux fois par jour, par groupes de 3, et sillonnent Phnom Penh en s'arrêtant dans chaque squat de drogués. On arrive dans un lieu assez reculé dans Phnom Penh, une petite ruelle ensoleillée (mais ici elles le sont toutes) séparant de grandes villas barricadées. Il y a pas mal de déchets par terre sur les côtés, et à y regarder plus précisément ce sont surtout des seringues usagées et leurs enveloppes plastiques. Très vite un certain nombre de drogués (là 6 ou 7, mais d'habitude beaucoup plus me dit le seul membre de la Drug Team parlant anglais) s'approchent de nos motos à la recherche de quelque chose. De seringues neuves en fait, que la Drug Team vient distribuer quand elle échoue à les convaincre d'aller au centre de désintox. Le personnage le plus marquant est ce type qui s'était cassé les deux mains, qu'on avait amené à l'hopital en lui expliquant que l'opération allait durer 6 heures, au bout de 30 minutes le type était trop en manque il a quitté l'hopital. Il a perdu ses deux mains. Le plus marquant donc c'était que ce type était tout à fait valide et autonome: à la place de sa main gauche il avait une sorte de gant de mécanicien qui parraissait solide (rempli de je ne sais quoi) et qui lui permettait donc de pousser les objets, et en guise de main droite était fixée une cannette de bière sur laquelle était attaché une sorte de cure dent géant grâce auquel il pouvait piquer de la nourriture et la manger comme sur une brochette.

Happy chinese new year

Je fais pas d'effort pour l'instant pour les titres mais c'est parce qu'il est tard, que j'ai envie de tout écrire maintenant pour pas être en retard après, et que j'ai ni la tête ni le temps ni le recul pour prendre un peu de distance sur tout ça alors disons que pour l'instant on va se la jouer bégaudeau et s'en tenir aux faits.

La famille qui m'accueille, ma famille donc, est typique des familles riches cambodgiennes (qui plus est de culture chinoise). Autrement dit un autre monde pour nous pauvres occidentaux élevés aux droits de l'homme.
Il y a donc 6 ou 7 femmes qu'on peut raisonnablement appeler des servantes, qui font à manger matin midi et soir, nettoient l'immeuble (on a un immeuble pour nous seuls, 4 étages, pas large), lavent mon linge, s'occupent des enfants les plus jeunes, changent mes serviettes ou m'aident à tuer les moustiques dans ma chambre. Elles habitent là, au 4ème étage je crois, et elles sourient tout le temps, je veux dire elles ont vraiment l'air contentes d'être là. Just facts.
Il y a donc aussi 3 ou 4 chauffeurs permanents, qui font la sieste sur un banc dans le parking en bas (mais ouvert sur la rue), prêt à prendre un des 4x4 ou la mercedes dès que l'un d'entre nous descend et veut aller quelque part.
A chaque repas est servi 3 fois plus de quantité que nécessaire, 3 plats différents au moins posés dans des assiettes au milieu de la table, et on se sert pendant qu'une servante nous sert du riz et de l'eau. Les servantes mangent après nous dans la cuisine nos restes.

Je suis tombé en plein nouvel an chinois (26-27-28 janvier), j'ai donc eu droit aux rituels que je vous épargne ici, tout juste raconterai-je le diner du nouvel an où la fille de ma GMDS m'invite à rejoindre le repas organisé au RDC, avec les trentenaires de la famille et leurs proches ou amis. Deux tables, l'une pour les hommes l'autre pour les femmes. Les hommes sont tout contents, il ont 2 bouteilles énormes de Blue label et ne vont boire que ça de la soirée, sauf qu'ils coupent tous leur whisky avec de l'eau ou mieux du Schweppes, tu comprends me dit le 1er fils de GMDS (ici on connaît pas le nom des gens on les appelle 1er frère, 2ème frère, sister in law etc.) il fait trop chaud ici pour le boire sec comme toi. Mais les filles font mieux: elles mettent des glaçons dans leur vin rouge. Et d'ailleurs elles ne semblent pas souvent boire car elles sont toutes très vite ivres et m'invitent à leur table, et je comprends avec des sous-entendus assez sonores qu'elles essaient de me caser avec la plus jeune fille, la petite soeur de la femme du 1er fils. Vu qu'on parlait avec Serene dans l'aprem de mariages arrangés, et notamment de celui de son 2ème frère avec une fille plus jeune que moi (lui doit avoir 33 ans), j'étais pas plus chaud que ça et j'ai surtout beaucoup rigolé avec les enfants des couples, les deux frères bou sei et bou tei, de 4 et 7 ans, qui parlaient anglais et surtout leur petite soeur de 2 ans trop chou qui me semblait avoir un oeil plus fermé que l'autre, qui avait l'air super intelligente, et on a d'abord joué à devine dans quelle main le morceau de papier puis mouy pi bey (un deux trois) je te chatouille sous les bras.

La douane

J'arrive à l'aéroport, comme convenu je ne passe pas la douane tout de suite et attends qu'on vienne me chercher, ce que fait le mari de la nièce de mon père qu'on appellera par commodité mon grand-père de substitution (GPDS) (il a plus de 60 ans). GPDS me reconnaît (rencontré cet été) et me montre aux policiers et douaniers qui me font un grand sourire et me font passer sans aucun contrôle par le côté. Je ne vois pas GPDS filer du fric aux types, sans doute l'a-t-il déjà fait, et me voilà dans son 4x4 avec son chauffeur et Serene, sa plus jeune fille. Elle a 28 ans et habite en Californie depuis quelques années. Grâce à elle on peut communiquer. Oui, car mon GPDS et sa femme, la nièce (éloignée) de mon père, ma GMDS, ne parlent ni français ni anglais. Et c'est chez eux que je vais habiter jusqu'à ce que je trouve un appart.

Le voyage


J'ai fait connaissance avec personne dans l'avion, trop envie de regarder le maximum de films que me proposait la compagnie, pas même pris le temps de beaucoup dormir durant ces premières 12 heures vers Singapour, alors que je ne me souviens pas avoir eu une nuit de plus de 5h la semaine qui a précédé mon décollage, sans doute la semaine la plus stressante et fatigante depuis longtemps (depuis le tournage du film de JS non?).

Donc j'ai fait mon Nico. Vu 2 épisodes de Chuck (d'une portée théorique évidente et très stimulante, mais pas aussi emballant en soi, je veux dire le concept au départ de la série est génial (30 secondes au début de chaque épisode qui sont une sorte de mini fiction d'action cut et illisible, qu'ensuite le héros, ordinaire mais doté de visions, va s'employer à retrouver dans son réel pour refaire émerger cette fiction) mais les épisodes que j'ai vu ne sont finalement pas si passionnants que ça), 2 épisodes de 30 rocks (tombé sous le charme de tina fey que je ne connaissais pas, rigolé aux jokes que j'ai comprises), 1 épisode de Mad Men (sublime, quelque chose d'un Douglas Sirk en série, rien que le générique déjà, je me le repasse en boucle, il faut que j'en voie d'autres).

Et aussi Eagle eye que j'ai beaucoup aimé, là je m'en rappelle plus bien mais il y a des enchaînements de séquences et de plans à couper le souffle. Je crois que ça s'essouffle sur la fin d'ailleurs... Et en accéléré un film avec Michael Cera et la fille que j'aime beaucoup et qui joue le garçon manqué dans House Bunny, vraiment nul (le nouveau Juno, bien pire en fait). Et enfin, il me restait 2h je me suis dit allez il faut tenter le coup, deux trois personnes m'ont dit que c'était vraiment bien, et puis c'est intrigant le type va faire le prochain spot de l'UMP... Quelle erreur! (enfin non je regrette pas) Le premier jour du reste de ta vie est l'un des pires films que j'aie vu cette année. Pour dire la grossièreté les exemples ne manquent pas, on se limitera à citer les 3 événements cités en filmant leur passage télé comme étant censés trouver chez le plus grand nombre de spectateurs une résonnance collective, quelque chose qui nous réunit tous et donne encore plus de force émotionnelle à son film putassier (le meilleur mot pour caractériser le film): la pipe de monica legwinsky, l'imitation de richard gere et julia roberts par de caunes et garcia, ah merde je me rappelle plus l'autre mais c'était du même genre (je fais mon frodon).

Ok j'étais surtout censé parler du voyage.

Cambodian Rock


Un peu de musique pour commencer:

http://foxybronx.free.fr/page11.html

(je sais pas comment mettre un lien, si quelqu'un peut me dire pour le prochain post; ça me fait penser à mes débuts sur myspace, qui eux-même me ramènent à toute une époque, et tout ça surtout légitime le titre du blog, cool, ouf)

Merci à Jacky qui m'a envoyé ça hier alors que je rentrais de ma première soirée hier, à 23h30, première sortie et aussi première fréquentation des lieux coloniaux de phnom penh, que dis-je des lieux touristiques, un quai de phnom penh où on croise beaucoup plus d'occidentaux que de cambodgiens, en fait c'est simple les seuls cambodgiens sont les serveurs des restaurants, les types qui attendent la fin des repas pour ramener les gens en moto ou en tuctuc (une sorte de pousse pousse pour 4 personnes tiré par une moto) et les enfants qui vendent des livres (je me suis d'ailleurs fait arnaquer par un hier, mais avec le sourire, je veux dire j'ai gardé la face, c'est toujours ça), donc première sortie le soir et ma grand-mère de substitution (qui ne parle pas un mot de français ni d'anglais) qui me fait appeler deux fois en une heure par sa fille - qui habite en californie et qui est venue passer 2 semaines ici pour le nouvel an chinois - pour savoir quand je rentre, avec qui, etc.

Donc Jacky qui m'envoie ce lien qu'il a dû trouver par hasard sur le net. Ce qu'il ne sait pas c'est que ça faisait un moment que je cherchais à écouter ça, le rock cambodgien des années 60, apparemment assez fameux si bien qu'un groupe US s'en est inspiré, même dans leur nom, Dengue Fever: http://www.myspace.com/denguefevermusic, et dont on m'avait parlé plus d'une fois lors de mes diverses rencontres quand j'évoquais mon projet de documentaire sur le cinéma cambodgien des années 60 et 70.

Hum, ça va trop vite, c'est confus et je saute des étapes? Reprenons du début (mais faut savoir ce que vous voulez, c'est vous qui avez insisté pour le blog hein).